Description historique
Le fonds de l'hôtel a été constitué dans la 2e moitié du 17e siècle, par le comte de Scey, grâce à l'achat de trois maisons contiguës. Néanmoins, la réunion de ces trois fonds dans les années 1688 ne semble pas avoir entraîné un remaniement total de l'hôtel puisque la façade sur la rue des Martelots présente actuellement une élévation très unifiée datable de la fin du 16e siècle ou du début du 17e siècle. De cette époque subsiste d'ailleurs probablement le grand escalier en maçonnerie à retours sans jour. L'édifice est vendu en 1700 par Jean-Claude de Scey à Jean-François de Santans, grand archidiacre, et à Hilaire-Joseph Duban, époux d'Anne-Marie-Thérèse de Santans, nièce du précédent dont elle héritera en 1714. C'est sans doute dans les années 1720 que l'escalier d'honneur est mis au goût du jour par la destruction du mur d'échiffre en maçonnerie et son remplacement par une rampe en ferronnerie. Si l'on en croit les comptes d'Antoine-François-Sébastien Duban (petit-fils d'Hilaire), des aménagements intérieurs sont encore réalisés entre 1754 et 1755. Ce dernier revend l'hôtel en 1765 à Jean-Baptiste François Maire de Bouligney. C'est probablement aussi au milieu du 18e siècle que sont construits la partie au-dessus de la porte cochère, ainsi que le bâtiment des latrines, les deux remises et l'écurie à droite de la cour, visibles sur un plan daté 1767. En 1767, Maire de Bouligney demandait la permission à la ville de transformer une porte donnant rue des Martelot en fenêtre. C'est à lui que l'on doit aussi sans doute la reprise de certains décors intérieurs dans le style Louis XVI. En 1774, il achète la petite maison (étudiée) qui jouxte son hôtel au 21 rue des Martelots et perce une porte piétonne dans le mur de clôture au fond de la cour pour rejoindre celle de l'hôtel. Avant 1804, la demeure devient propriété de la famille Alviset, par le mariage d'Antoinette-Claire-Eugénie Maire de Bouligney avec François-Bonaventure Alviset. Avant 1833 (date du cadastre ancien), le parc de l'hôtel est agrandi d'une parcelle de jardin attenante qui appartenait auparavant à la maison que les Alviset possédaient au n° 5 de l'actuelle rue Péclet (étudiée) ; en même temps que la grille de clôture en ferronnerie, fermant ce parc, était déplacée pour agrandir la cour. En 1860, l'architecte-paysagiste Philippe Michel fournit un projet de parc à l'anglaise qui ne sera peut-être pas réalisé.