Description historique
Les premières fortifications auraient été édifiées vers le début du 12e siècle, probablement à l'initiative des moines de Saint-Martial. Ce premier ensemble fortifié, dit "fortalicium", devait comprendre la première église Notre-Dame, le monastère, le cimetière et une partie haute autour de l'actuelle place du Fort. Aux 12e et 13e siècles, la ville subit de nombreux assauts guerriers qui entraînèrent des modifications : sièges d'Henri II Plantagenêt en 1170 et 1180 ; en 1207, siège par Hugues IX de Lusignan, comte de la Marche, dit Hugues le Brun, qui rase les murs et s'empare de la ville pour 19 ans ; en 1226, l'abbé de Saint-Martial, Raimond de Gau, récupéra la cité et fit relever les remparts en suivant probablement le tracé des fortifications précédentes. Entre 1370 et 1550, l'enceinte aurait été consolidée (et surélevée ?) et agrandie vers le sud-ouest, en une fois ou 2 fois, pour protéger les nouveaux quartiers. Au 16e siècle (après 1550 ?) , on aménagea une ceinture de fossés accompagnés de palissades. Le nombre de portes n'est pas clairement connu (au moins 6, peut-être 7 ou 8 selon Albert Guillon). Sont attestées, d'une manière sûre, la porte Saint-Michel (rue Saint-Michel) , la porte Luquet pouvant être localisée soit à l'intersection des rues du Four et des Poulettes (vestiges de fondations découverts lors de travaux en 1909 ; mais l'emplacement précis de ces vestiges n'a pas pu être contrôlé) , soit à hauteur du n° 8 de la rue du Four (selon observations de l'enquête d'inventaire) , la porte de la Roudière (attestée en 1780) , la porte Saint-Joseph (attestée en 1780 mais non localisée) , la porte Saint-Jean (dite aussi porte de Breith, de Lavaud, de Notre-Dame, ou encore de la Prison) , la porte du Puycharraud ou du Portail ; une porte de "chez l'Hébrette" est mentionnée en 1779, mais on ne sait pas s'il s'agit d'une porte particulière ou d'une porte déjà citée. L'enceinte comportait en outre 5 tours si l'on en croit Albert Guillon : la tour du Brigandon, dont l'emplacement est inconnu, la tour de la Font aux Moines, dont le nom n'a pas été conservé (peut-être s'agit-il de la tour de "la Tournelle" que les moines obtinrent de fermer à clef en 1530) , la tour de Monseigneur Etienne La Martine, la tour du Piquand ou du Piquant qui se trouvait entre la rue de Lavaud et le marché au blé et enfin la tour de la Vigne dite aussi tour de l'Espion, du Grondeur ou du Guetteur. Dès le 17e siècle, les fossés furent peu à peu comblés et transformés en rues. En 1779, le bureau des Finances de la Généralité de Limoges fait dresser le plan des remparts subsistant afin de les vendre. L'enceinte fut rasée à partir de 1790, la porte de la Roudière en 1813, la porte Saint-Michel en 1824. Ne subsistent plus aujourd'hui que les 2 portes, Saint-Jean et du Puycharraud, la tour de la Vigne et quelques vestiges de murs d'enceinte (sur le tracé de l'enceinte de 1226) ; la porte Saint-Jean, remaniée plusieurs fois depuis le 13e siècle, probablement surélevée vers la fin du 15e siècle, a servi de prison jusqu'en 1800 ; elle a été classée monument historique le 30 juillet 1920 et la porte du Puycharraud a été inscrite le 17 juin 1941. Les vestiges des murs qui n'ont pas été démolis au 18e siècle, ont été intégrés dans des constructions successives et ne se découvrent que difficilement ; un parement de courtine du front sud était encore visible au côté nord de la place Montaudon-Bousseresse dans les années 1990, mais des constructions intempestives le dissimulent à nouveau.