Cet ensemble bâti ancien, à la fois résidence seigneuriale et exploitation agricole, est situé à 1000 mètres au sud-sud-ouest du bourg de Ploubezre et à 86 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il se trouve à proximité immédiate d'un point d'eau comme l'atteste également le toponyme. Le manoir est relativement isolé dans la campagne ; on y accède uniquement depuis la route de Plouaret à Lannion puis par une allée venant du nord-est puis bifurquant à 90 degrés vers le sud-sud-est. Le toponyme est orthographié "Le Launay"" sur le cadastre de 1826. En breton, il s'agit du ""Maner ar Wern"" ou ""Gwern"" qui signifie ""le marais, l’aulnaie, l'aulne..."". Les parcelles qui le cernent sont d´assez grandes dimensions comparées au parcellaire paysan. Elles traduisent une action de concentration des terres autour du domaine manorial. Cette résidence seigneuriale a successivement appartenu aux familles : - de Philippe(s) de Coatgoureden, seigneur de Barac'h dont les armoiries sont ""De gueules à la fasce d'argent, accompagnée de six annelets d'or"" et qui a épousé une Aliette de Launay dans la 2e moitié du 14e siècle. A la Montre de Tréguier en 1481 figure un dénommé Jehan Barach du Launay avec 300 livres de revenu et qui comparaît ""en homme d’armes"". François Barac'h est dit seigneur du Launay en 1510.- Le Mignot (avant 1667), ""d'argent au sautoir de gueules"" ;- de Coëtanscours, originaire de Plourin, dont les armoiries ""d'argent au chef endenché de gueules"" sont peintes dans l'église paroissiale.- Jean-François de La Marche, dernier évêque de Saint-Pol-de-Léon qui a émigré en Angleterre. En l'An 2 (1793), la ferme devenue bien national, est décrite comme comprenant : ""une maison principale, cour, grange, soues à porcs, une vieille maison, une maison à four (fournil), puits, grange sur l'aire (à battre), un colombier, un courtil nommé le jardin terre tant chaude que froide, le vieux et grand verger, prairies, des terres froides sous bois, etc."". Faute d'adjudicataire, elle est louée par Jean-François Marie, meunier de Lannion. Le fermage devra être payé en ""froment, seigle et avoine"" à compter de la prochaine Saint Michel. L'année suivante, c'est finalement le dénommé Yves Allain, juge de paix demeurant à Perros-Guirec qui rachète la ferme pour la somme de 32 450 livres payée à crédit en 10 ans.Au 19e siècle, des ouvertures ont été percées dans la façade arrière afin de donner plus de lumière aux cinq pièces du rez-de-chaussée. Jean-Marie Allain, médecin général du Service de Santé des armées, grand officier de la Légion d'honneur qui fut maire de Ploubezre de 1929 à 1942 en fait sa résidence. Il l'a légué à sa mort à son petit neveu Jean Allain.Depuis quelques années, ce manoir - l'un des plus anciens du Trégor, est devenu une ferme biologique réputée. La ferme familiale du Wern (""le marais ou l’aulnaie"") anime un marché de produits de la ferme tous les mardis.