Description historique
A l’abri dans un écrin de verdure composé de bois de haute futaie, cette ancienne résidence seigneuriale est située au nord-ouest du bourg de Lanvellec distant de 1300 mètres. Établie à environ 80 mètres au-dessus du niveau de la mer, elle est implantée sur la rive orientale du Dour Elégo, petit affluent du Yar qui se jette dans la baie de Saint-Michel-en-Grève à six kilomètres de là. Le toponyme est orthographié "Rosambô "" sur le cadastre de 1813 et ""Rosanbo"" selon l'Institut Géographique National. En langue bretonne, rosanbo, roz an Bo, signifie littéralement la ""pente"" ou le ""promontoire"" sur le Bô. Ce site stratégique aurait accueilli une maison forte avant le manoir primitif.A l’origine du château actuel, se trouve un manoir de la fin du Moyen-Age, agrandi et modifié au 17e siècle (pavillon d’angle nord-est, aile nord des communs et grand pavillon ouest), dans le deuxième quart du 18e siècle (galerie d’arcade, pavillon sud, chartrier construit en 1738, salle à manger et salon, boiseries et escalier à balustre), à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle (pavillon sud son perron abritant bureau et bibliothèque, interventions néo-gothiques comme le campanile du chartrier). Du manoir primitif subsistent encore certaines parties dont une tour d’escalier. Destiné à l’élevage des pigeons, le colombier édifié en 1697 (tradition orale ?) a été restauré en 1738 comme l’atteste une inscription.Ces travaux d’agrandissement du château sont confiés à des architectes de renom, Louis Joubert d'Orgemont de Paris vers 1736-1738, Alain Lafargue vers 1895 ou encore le paysagiste Achille Duchêne vers 1910 pour l’aménagement du parc.Dans les archives de Rosanbo est conservée une vue perspective du château et de ses environs proches de Louis Joubert, ""architecte et expert juré du roi"" datée de 1736. On distingue au premier plan, à gauche, le moulin à eau et à droite, la buanderie alimentés par un bief du Dour Elégo, un bois (parcelle n° 422 bis du cadastre de 1813), le potager ou verger en terrasse (parcelle n° 422 bis), le château au centre, son jardin (parcelle n° 422 ter) dont le mur de clôture est déjà couronné de trois petits pavillons de plaisance (n° 423), un jardin en terrasse, la grande avenue, le verger planté d’arbres fruitiers, le colombier et la chapelle. Un des bâtiments figurant sur cette vue, situés immédiatement au nord du château, apparaît comme ruiné sur le cadastre de 1813.Aménagé vers 1910 dans l’ancien verger clos, le parc de quatre hectares a été dessiné par le paysagiste Achille Duchêne (1866-1947). On y trouve notamment une charmille (haie taillée en topiaire) longue de 2500 mètres, en partie voutée sur 500 mètres, composée de 12 000 pieds de charmes communs (carpinus betulus). Allée cavalière périphérique, piste de galop, manège et ""tribune des dames"", rond de longe (pour le débourrage des chevaux et le dressage) ont été conçus pour la pratique équestre. Miroir d’eau, allées, salles et tapis de verdure (salles des Vases, du Lion – avec une réplique du lion de Baryre -, de la Naïade, du Cerf, des Marmousets), et statues (dont le Sanglier de 1942 symbole des Rosanbo) ont été créés pour le plaisir des yeux.Le château de Rosanbo a été inscrit au titre des Monuments historiques en 1930, son parc inscrit en 1995.Alain Le Peletier, marquis de Rosanbo a ouvert le château au public en 1958.Une aile du château a été ravagé par un incendie en 1967.Le labyrinthe de charmes palissadés a été créé en 2009.