Description historique
Le premier pont suspendu qui remplaça les bacs peu sûrs et incommodes ('confiteor') fut inauguré 10 juin 1840 et ouvert quelques jours plus tard à la circulation. Il fut remplacé 82 ans plus tard, en 1924-25, par un pont métallique, immortalisé à son neuvage par un toile de Signac.Ce pont suspendu était très exposé au vent et a valu un dicton local : ''Fenoz ne vo ket brav mont da cheñch roched war bont Lezardrev'. En février 1882, la circulation des véhicules de plus de 4 tonnes (PTC) fut interdite ainsi que les voitures attelées de plus de 3 chevaux. En août de la même année, l'ensemble de la suspension fut remplacé, en raison de la fatigue de l'ouvrage.Le projet initial 'tendant à l'édification d'une travée routière sur le bas Trieux' fut le fait d'une proposition de Ozou, entrepreneur, qui avait déjà réalisé à Tréguier le premier pont du Département (le 'Pont Canada'). En 1833, les conseils municipaux des communes de Paimpol et de Lézardrieux, dans un intérêt commun, décidèrent du cahier des charges du projet de 'pont suspendu et à péages'. Cependant, ce pont pouvait concurrencer le port de Pontrieux, plus en amont, qui ne pourrait plus recevoir des navires de commerce, portant haut leur gréements, sous le faîtage du pont. Néanmoins, le nouveau pont conçu par Ozou laissait le passage suffisant aux 'navires de 150 tonneaux à condition qu'ils franchissent le 'Trou-au-Feu' par basse mer, à l'étale'. Une ordonnance du Roi Louis Philippe, en date du 23 mai 1836, autorise la construction d'un pont suspendu sur la route départementale n°1 de St-Brieuc à Morlaix pour remplacer le bac du Goëlo. La concession du pont à péage est adjugée pour 26 ans à la société des frères Seguin, associée à Ozou de Tréguier. Les travaux commencèrent en 1836 et le pont fut inauguré en 1840.Le pont de Lézardrieux est un pont routier construit lors de l'aménagement de la voie ferrée d'intérêt local de Tréguier à Paimpol.Le nouveau pont fut construit en 1924 par les Ateliers de Bordeaux et les Ateliers du Temple à Cherbourg, sans interrompre la circulation, puisque la technique consistait à construire le nouveau tablier sous l'ancien (relevé de 1 mètre pour l'occasion), dont la chaussée était en bois. Ce nouveau pont, du type 'pont Cantilever rigide' fut l'œuvre de Gaston Leinekugel Le Coq, polytechnicien, ingénieur hydrographe de la Marine, après un premier projet de l'ingénieur des Ponts Harel de la Noë en béton de 1913. Il fut inauguré le 5 juillet 1925.Une fois l´ouvrage suspendu construit, l'ancien pont fut démonté. La voie du petit train fut supprimée en 1972. Entre 1988 et 1993, un important programme de rénovation de l'ouvrage avait été engagé par le Conseil Général des Côtes d'Armor.Le Centre d'Etudes Techniques de l'Equipement fit au milieu des années 1980 un diagnostic très détaillé du pont de Lézardrieux, en observant la qualité de l'acier. La corrosion avait atteint la peinture et les structures métalliques. La remise en état de l'ouvrage débuta en 1987-1988 par la réparation de l'haubanage, le changement d'un câble et la peinture. En 1989-90, le système d'ancrage des haubans sur les premiers piliers en béton fut modifié. En 1990-91, on procéda à la peinture des pylônes et à la réparation du tablier métallique. Le chantier fut achevé en 1993.