Usine métallurgique ; fonderie
Usine métallurgique, puis fonderie du Pas
Usine métallurgique, puis fonderie du Pas (Lanfains)
Bretagne ; Côtes-d'Armor (22) ; Lanfains
Oeuvre située en partie sur la commune : Hermitage-Lorge (L')
Arrondissement de Saint-Brieuc
Ploeuc-sur-Lié
Pas (le)
1840B3 1165 à 1175 ; 1840 C2 639 ; 1960C1 1310 à 1315 ; 1960 B2 1228 ; L'Hermitage-Lorge : 1982 A7 384 (chapelle)
Isolé
Oust (dérivation de l')
Bief de dérivation ; bassin de retenue ; digue ; chapelle ; logement d'ouvriers ; logement patronal
2e quart 19e siècle ; 3e quart 19e siècle ; 1er quart 20e siècle
1828 ; 1852
Daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques
Le 6 août 1828, César René de Choiseul est autorisé à édifier un haut fourneau pour le traitement du minerai de fer à l'emplacement de l'un des moulins à farine qu'il possède sur l'étang du Pas, à la lisière de la forêt de Lorge. Le minerai utilisé pour son alimentation provient des minières situées au Bas-Vallon, le combustible de la forêt de Lorge et la castine de Cartravers, à la Harmoye (22) où le comte y exploite une carrière de marbre et un four à chaux. Au début de son exploitation, l'usine métallurgique du Pas, orientée exclusivement vers la production de fonte, comprend un vaste étang d'une surface d'1, 5 ha servant à son alimentation énergétique, un haut fourneau de 12, 50 m de hauteur situé en contrebas de la chaussée de l'étang, les logements du directeur et du maître-fondeur, un bâtiment abritant écurie et étable, et la halle du fourneau composée de trois corps de bâtiment abritant respectivement la moulerie, la machine soufflante et la forge. A proximité du haut fourneau se situent un four destiné au grillage du minerai local et un four à coke pour carboniser la houille. En 1835, 25 000 à 30 000 barriques à charbon servent à la fabrication de 800 000 kg de fonte. En 1837, l'établissement est racheté par J.-M. Allenou qui acquiert parallèlement la forêt de Lorge, le château de l'Hermitage, la mine du Bas-Vallon, la carrière et le four à chaux de Cartravers. Trois années plus tard, la production s'élève à 1000 t de fonte, puis 3 000 t en 1870 ; l'usine fabrique à la fois de la fonte brute et de la fonte moulée de première fusion avec du minerai du pays et en provenance de Bilbao, le coke étant acheté à Newcastle. L'entreprise profite alors pleinement de la création de la ligne de chemin de fer Saint-Brieuc-Pontivy, laquelle constitue une véritable aubaine pour la commercialisation des produits. Un raccordement facilite la réception des matières premières et l'expédition des produits finis. La chapelle, toujours en place, est édifiée en 1852. A partir de 1880, l'établissement subit la concurrence des Forges et laminoirs des Côtes-du-Nord établis à la fin du Second Empire à Saint-Brieuc (22), et se convertit alors en fonderie de seconde fusion ; l'extraction du minerai devenant de moins en moins rentable, l'usine se dote d'un cubilot destiné à la fonte de fer de récupération et d'acier. En 1906, l'entreprise est rachetée par Adolphe-Henry de Villeneuve qui la transforme en société en nom collectif au cours de la Seconde Guerre mondiale. Durant les premières décennies de ce 20e siècle, même si l'usine fournit la Marine et les Chemins de fer de l'Etat, sa production répond surtout aux besoins de l'économie locale et concerne essentiellement la fabrication de machines agricoles et diverses pièces mécaniques, mais aussi quelques éléments de voiries comme les plaques d'égout. Pendant la Première Guerre mondiale, elle fabrique des corps de grenade à main. Le logement patronal date d'après Guerre. La superficie totale de l'usine représente plus d'un hectare sur lequel se répartissent notamment les ateliers de mécanique, de triage des pièces, d'entretien, de modelage ou de menuiserie, d'usinage ou de finition et la fonderie. En 1923, l'entreprise fait installer une succursale au port du Légué, à Saint-Brieuc (22). Vers 1950, la société se transforme en SARL après avoir absorbé la fonderie du Légué, à Saint-Brieuc (22). C'est aussi en 1950 que l'usine est rattachée au réseau électrique. En 1957, elle absorbe les fonderies de Servon (35) et de Tanvez, à Guingamp (22), pour donner naissance aux Fonderies du Pas et Brisou réunies. L'usine fonctionne alors avec deux cubilots. L'entreprise dépose son bilan le 7 avril 1977 et cesse définitivement son activité le 30 novembre 1978. Les bâtiments d'exploitation (fonderie, halle, haut fourneau, ateliers mécanique, d'usinage, de triage des pièces, de modelage, etc.), situés juste en aval de l'étang, ont été entièrement détruits en 1981, seuls subsistent de part et d'autre de cet espace, les logements d'ouvriers à l'ouest, et à l'est le logement patronal, ainsi que la chapelle.. En 1830, la soufflerie à pistons est actionnée par une roue à augets, laquelle sera conjugugée, en 1870, à une machine à vapeur développant 10 ch ; deux autres machines à vapeur sont destinées au concassage du minerai. En 1919, H. de Villeneuve déclare une chaudière à vapeur de forme tubulaire Compound, provenant du constructeur Massivet et Cie, à Nantes (44). La force motrice hydraulique est fournie par un étang de 6 ha environ, qui alimente, en 1926, deux turbines développant un total de 62 ch ; en cas de sécheresse, une force motrice de 50 ch supplée à l'insuffisance de force.. En 1840, l'usine emploie trois cent ouvriers contre quatre cent en 1870. Lors de son dépôt de bilan, l'entreprise comptait cent salariés au Pas, cent-vingt à Servon (35) et cent à Guingamp (22).
Schiste ; enduit partiel ; moellon
Ardoise
Plan rectangulaire régulier
Étage de soubassement ; rez-de-chaussée surélevé ; 1 étage carré ; étage de comble
Toit à longs pans
Énergie hydraulique ; énergie thermique ; énergie électrique ; produite sur place ; produite sur place ; achetée
. Même si le site de la fonderie du Pas a conservé sa structure topographique originale avec l'étang de retenue, la chaussée et l'espace de production situé juste en aval et en contrebas, au plan architectural seuls les édifices sociaux et religieux ont été préservés. Le logement patronal est bâti à l'est du site de production qu'il surplombe ; édifié en moellons de schiste, partiellement recouvert d'enduit, il compte un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble couvert d'une toiture à longs pans. Il présente un plan en L atour duquel se sont greffés plusieurs corps de bâtiments, à l'ouest et au sud. La chapelle, située à proximité, est dans un état de délabrement avancé ; elle présente un plan rectangulaire avec abside à trois pans et est percée, sur son pignon ouest, d'un triplet de baies en plein cintre. Les logements d'ouvriers quant à eux, se situent à l'ouest de l'espace de production et consistent en une série de corps de bâtiment allongés édifiés en moellons de schiste, parfois recouverts d'enduit. De facture simple, ils se déclinent en plusieurs modules : soit en en rez-de-chaussée, soit à un étage de comble, à surcroît ou non.
Établissement industriel désaffecté ; vestiges
Propriété privée
2003
(c) Inventaire général
2003
Gasnier Marina
Dossier individuel
Région Bretagne - Service de l'Inventaire du Patrimoine Culturel - 283 avenue du général Patton - CS 21101 - 35711 Rennes Cedex 7 - 02.22.93.98.35