Description historique
"Coulée en fonte, à Nevers, la première statue de Notre-Dame, placée sur un socle de granite rose d'Erquy, fut bénie le 16 mars 1864 par Monseigneur David, évêque de Saint-Brieuc, au moment où était érigé le sanctuaire de Notre-Dame de la Garde à Marseille. A l'origine, placée sur le quai, au pignon de la maison Dagorne, elle fut transportée un an plus tard à son emplacement actuel, sur un promontoire rocheux dominant la passe principale est de Dahouët. Elle dut être restaurée une première fois en 1894, à cause des tempêtes, par les soins de l'abbé Jaffrain, alors recteur de Pléneuf, et reçut une deuxième bénédiction trente ans jour pour jour après sa première installation. Son socle fut alors protégé par un dôme soutenu par quatre colonnes de granite. Il se couvrit peu à peu d'ex-votos symbolisant la reconnaissance des marins et des équipages entiers qu'elle avait protégés.Une troisième date est à retenir dans l'histoire de cette statue, celle du 11 juillet 1950, date à laquelle Notre-Dame-de-la-Garde de Marseille vint rendre visite à sa soeur jumelle de Dahouët.Battue par les vents et le sel marin, la statue s'effondra un siècle plus tard, pendant la tempête de juin 1965. En 1966, elle fut remplacée par une autre statut de la Vierge, sculptée dans le granit par le maître Auguste Bourdais de Boquen. Depuis bientôt cent vingt années, Notre Dame-de-la-Garde poursuit sa veille protectrice à l'entrée du vieux port de Dahouët (témoignage oral de Michel Grimaud).Les cérémonies de la bénédiction de la statue et le traditionnel Pardon de la mer se déroulèrent le 15 août, selon les grandes lignes suivantes : A 16 h 30 : grande messe devant la chapelle de Dahouët, chantée par l'abbé Garnier de Saint-Brieuc. Pendant la messe l'homélie fut récitée par le père Bernard, prieuré de l'abbaye de BoquenA 17 h 30 : procession de la chapelle à l'oratoire et allocution du père Bernard, en présence de l'abbé Clément, curé de Pléneuf-Val-André.Cette cérémonie du Pardon s'inscrit dans une longue tradition liée au riche passé maritime du port de Dahouët, que ce soit pour l'Islande et Terre-Neuve, la pêche côtière, le cabotage ou la marine au long cours. Au fil des ans, tous ces marins ont parfois payé un lourd tribut à la mer et ils se sont depuis longtemps placés sous la protection de la Vierge Marie. Le Pardon est donc une cérémonie à la mémoire des marins péris en mer, qui associe la chapelle Notre Dame de la Garde construite en 1925-1926 et l'oratoire du même nom.De 1864 à 1920, la fête de la bénédiction des navires avait lieu en février-mars, avant leur départ pour la Grande Pêche. A partir de 1920, la pêche à Islande s'étant arrêtée, la fête fut reportée fin août début septembre. Théodore Botrel commentait cette cérémonie en ces termes : Debout devant la mer traîtresseHumble Vierge de DahouëtCombien de bateaux en détresseAs-tu béni et sauvé déjà ? Extrait du "Journal de Lamballe", le 14 février 1892 : Février 1892 : le 2e dimanche, avait lieu à Dahouët la bénédiction de la flottille islandaise au nombre de dix goélettes : le Prosper, la Jeanne, l'Abeille, l'Elisabeth, l'Arthur, la Glaneuse, armateur Maison Carfantan ; l'Andrée, la marie Berthe, l'Elia Jean, armateur M. Hamonet ; le Saint-Marc, armateur Boscher Delangle : la Rachelle, armateur M. de Boutvillain de Grand Pré ; et enfin le René, armateur M. Jobert. Les bateaux étaient pavoisés. La procession avec à sa tête le recteur de Pléneuf et la population maritime des environs. Aussitôt les clochettes des navires se font entendre. Arrivé au sommet du rocher où est érigée une magnifique statue de la Vierge, le chœur des jeunes filles entonna le cantique :Notre Dame de la GardeRamène les matelotsSains et saufs à notre portMalgré la fureur des flots. Remarque : pour les services des Ponts et Chaussées, l'oratoire à l'entrée du port de Dahouët n'est pas classée comme amer."