Description historique
De 1826 à 1845, Adhémar Barré de Saint Venant (ingénieur des Ponts-et-Chaussées) étudie les possibilités d'améliorer la Sologne et la vie de ses habitants. Alors que rien ne l'appelle dans cette région, il y effectue plusieurs voyages. Il estime qu'il faut transporter de la marne, disponible en grande quantité dans les environs de Blancafort, par bateau au moyen d'un canal. En 1845, son projet intéresse une société privée, la Compagnie française d'irrigation, et Raffaole Pareto, ingénieur de la Compagnie, est chargé de finaliser les études. Pour des raisons pécuniaires, Pareto quitte la Compagnie et celle-ci est mise en liquidation à la fin de 1847. En 1848, dans le cadre de la mise en place des Ateliers Nationaux, l'Etat rachète le projet de canal aux liquidateurs de la Compagnie et 13 km sont creusés entre juillet 1848 et mai 1849, date d'arrêt du chantier (les crédits sont épuisés). Lors de son voyage en Sologne du 22 avril 1852, Louis Napoléon Bonaparte donne son accord pour la reprise des travaux et la section comprise entre Launay (commune de Blancafort) et le Coudray (Brinon-sur-Sauldre) est réalisée de 1852 à 1860. On hésite ensuite beaucoup sur l'itinéraire à donner au tracé : faut-il reprendre le tracé de 1848 ou bien faire aboutir le canal à la gare de Lamotte-Beuvron ? Cette deuxième solution est finalement retenue et la section le Coudray / Lamotte-Beuvron est livrée à la navigation en 1869. Conformément à sa raison d'être initiale, le canal est presqu'exclusivement utilisé pour le transport de la marne et lorsque la marnière de Launay s'épuise, un prolongement de la voie navigable de 3, 6 km jusqu'aux marnières de Sablonnière (Blancafort) est approuvé (16 février 1881). Cette nouvelle section est ouverte le 14 juillet 1885. L'ingénieur en chef Charles Machart dirige le chantier du canal de juillet 1848 à 1869. Il est remplacé par l'ingénieur Sainjon à partir de 1870. Après la guerre de 1914-1918, le trafic devient presqu'inexistant car l'amendement à la chaux, d'emploi plus facile que la marne, supprime l'unique raison d'être du canal. Le canal de la Sauldre est rayé de la liste des voies navigables en 1926.