Commentaire descriptif de l'édifice
Labro se situe à environ 5 km au nord de Rodez, près du village d'Onet-le-château, au bord de l'ancien chemin de transhumance, la "draye", qui menait d'Aubrac en Quercy. Son appellation est dérivée de l'occitan "la broa", qui signifie la limite et dans le cas d'une exploitation agricole, la limite, voir le talus bordant le champ, traduit bien la topographie du lieu. Le château est en effet accessible par un chemin latéral établi sur un talus bordant le parc qui s'étire jusqu'à la "draye", et qui était autrefois un pré. Un abreuvoir maçonné se trouve d'ailleurs à son extrémité, juste au bord du chemin. L'élevage fut donc la principale ressource du lieu. Uniquement bovin au départ, il fut également ovin au 18e siècle. Les communs, et les dépendances, situées à l'arrière du logis, à l'ouest ont été reconstruites au 19e siècle. La grange la plus excentrée, à l'ouest, où la déclivité du terrain limite naturellement le domaine, est postérieure à 1811 puisqu'elle n'apparaît pas à cette date sur le cadastre napoléonien. Le logis est donc établi au milieu du domaine, l'ancien pré à l'est, les dépendances et communs à l'ouest, selon une disposition d'ensemble assez proche des états successifs du château dont témoignent un acte de vente de 1629 et les inventaires réalisés lors de ses mises en fermage au 18e siècle. Mais le logis lui-même avait un aspect tout autre. S'il peut paraître régulier de prime abord, de plan allongé, flanqué d'une tour sur sa façade antérieure, vers le levant, le fait que la tour soit décentrée pose néanmoins question. Le plan "en potanse, à deux corps de logis", révélé par le texte de 1629, explique la position de la tour et, avec la distribution intérieure, nous permet de restituer l'aile disparue à l'angle sud-est de celle conservée. L'élévation de la partie sud de l'aile conservée, son toit plus haut à croupe et à coyaux, semblent indiquer un surhaussement, après destruction de l'aile sud. Du logis d'origine ne resterait donc qu'une aile et la tour, dont les élévations très remaniées au 19e siècle, témoignent cependant par quelques éléments d'architecture,de formes mises en oeuvre entre un goût gothique et une inclinaison pour le nouveau style de la Renaissance, juste avant 1519, selon la date portée par deux fois sur le logis, sur le dessus de porte de la tour et sur le cadran solaire, à l'angle sud-est de ses élévations. La façade nord semble avoir bénéficié d'une mise au goût du jour par l'adjonction ou la transformation des échauguettes, couvertes par des toits en bulble, et par le décor de la lucarne, surmontée d'un édicule flanqué de volutes. Au 19e siècle des travaux plus importants furent entrepris alors que l'aile sud était détruite. La tour, principal objet de cette campagne de travaux, fut agrémentée d'un balcon et d'une porte fenêtre, ornés d'un décor d'architecture d'inspiration néo-gothique et flanqués des armes de la famille Maynier. La façade vers le levant fut percée de nouvelles fenêtres et le toit de nouvelles lucarnes, surmontées de frontons rtriangulaires aux profils très secs. A l'intérieur, on reconnaît la cave, voûtée, et accessible par une porte chanfreinée, ainsi que la cuisine à l'autre bout, par son imposante cheminée aux piédroits chanfreinées et à congès biais. L'escalier "en vis en pierre blanche" signalé par le texte de 1629 a été remplacé par un escalier en vis en charpente métallique. Les niveaux de sols semblent avoir été modifiés et, mises à part les canonnières visibles dans le échauguettes ainsi que les portes chanfreinées porbablement en remploi, aucun élement ne témoigne de l'état d'origine du château dans l'étage ou dans l'étage de comble à surcroît. Les cheminées et les boiseries du salon et des chambres de l'étage , notamment de l'étage en surcroît, témoignent du réaménagement des intérieurs au début du 19e siècle. Dans le comble enfin, deux charpentes correspondent à deux états du château. La partie nord, correspondant à l'ancienne aile ouest, est couverte d'une charpente assez rudimentaire, à arbalétriers croisés, assemblée par des chevilles de bois. La partie sud, où prenait naissnace l'aile disparue, est couverte par une charpente à entraits et poinçons, plus tardive, probablement du début du 19e siècle.
Description de l'iconographie
Les armoiries de la famille de Maynier : d'or, à deux tours crénelées de sable, girouettées d'argent ; coupé d'azur à une tige de lis au naturel, terrassées de sable, senestrées d'une levrette assise d'argent, accolées, figurent sur la tour. Elles sont frappées dans un quadrilobe qui prend place sous un arc en accolade, flanqué de pinacles.