Description historique
La Manufacture de Ganterie Jonquet, également connue sous le nom d'usine des Platanes, est une société crée en 1929 par Albert Jonquet. En 1920, il achète tout d'abord un immeuble dans le quartier de la gare afin d'y installer une manufacture de gants. Cinq ans après, en 1925, il se rend acquéreur d'une usine de tannerie, non loin de la rivière, rue de la Tannerie. Il y centralise la mégisserie et la teinturerie. En quête de perfectionnement, il envisage dès 1928 de centraliser ses deux usines. C'est ainsi qu'il acquiert, en 1930, l'usine des Platanes, propriété d'un industriel du Haut-Rhin, Gustave Prévot. Elle compte alors deux ailes parallèles et deux bâtiments, édifiés dans la cour les séparant. A côté de la manufacture de gants, «Gants Jonquet», il installe sa filiale, la « Tannerie des Platanes», où il vend toutes sortes de peaux destinées tant à la ganterie qu'à la maroquinerie ou à la chaussure. Puis en 1938, il crée la première manufacture française de gants de travail, et une autre filiale, le «Gant standard». Les plans probablement établis à cette date montrent que toute la chaîne opératoire est contrôlée : réception des peaux brutes, mégisserie, teinturerie, ganterie et commercialisation des gants. Il a installé dans les deux ailes, nord et sud, logements, tannerie et ganterie tandis qu'il a élevé à l'extrémité est, la chaufferie et un ensemble de trois bâtiments destinés à la mégisserie. Une passerelle a été édifiée afin de relier transversalement, aux deux-tiers de la longueur des deux ailes, les étages destinés à la ganterie. Les deux bâtiments placés entre elles accueillent un garage et l'atelier mécanique, et un dépôt de laines. Ainsi, l'usine s'articule dans un ensemble cohérent, où les espaces déterminés fonctionnellement se succèdent, s'échelonnant au grès des phases opératoires, de la réception des peaux brutes à la commercialisation des gants. Si des modifications ont été apportées à partir du milieu du 20e siècle, essentiellement dans les parties consacrées à la mégisserie (surélévations), elles n'ont pas modifié la structure et la cohérence d'origine.£D'après une plaquette publicitaire éditée en 1938, l'usine produit 40 000 douzaines de peaux (pour 25 000 en 1925 et 2 000 en 1919), crée 70 000 douzaines de gants. Ses gants sont vendus dans les grands magasins à Paris, en province mais également dans les grandes capitales européennes, aux Etats-Unis, en Argentine et en Australie. 1 100 ouvriers et ouvrières travaillent dans l'usine, sans compter les mécaniciens, l'électricien, les menuisiers, et les maçons chargés de son entretien quotidien. 500 ouvrières et ouvriers répartis dans tout l'Aveyron, à Sévérac-le-Château, Saint-Affrique, Saint-Rome-de-Tarn, Nant, La Cavalerie, Veyreau, Tournemire, Rivière, Espalion, Campagnac, Peyreleau, Aguessac, Saint-Laurent-d'Olt ou encore le Viala-du-Tarn ouvrent également pour l'usine Jonquet. Les ateliers possèdent 141 moteurs, 475 mètres d'arbres de transmission, 318 machines, 4 chaudières de 450 m² de surface de chauffe et 4 pompes assurant 180m3 d'eau nécessaires aux diverses fabrications. En 1938, Albert Jonquet compte parmi les grands industriels français, il est Président Honoraire de la Chambre de Commerce de Millau - Saint-Affrique, Vice-président Honoraire de la Xe Région Economique, Conseiller Honoraire du Commerce Extérieur, Conseiller Général de l'Aveyron. Son fils Lucien est alors le directeur de la filiale «le Gant Standard», son second fils, Marcel, directeur commercial du «Gant Jonquet» et de la «Tannerie des Platanes». Un incendie a ravagé une partie de l'aile nord dans les années 1970. L'usine Jonquet cesse ses activités en 2004. En 2009, des travaux de démolition sont entrepris : seules les deux ailes d'origine sont conservées.