Description historique
Un projet de construction d'un monument aux morts est évoqué à la fin des années 1920, au moment de la réfection des escaliers de la halle située place Cabrol, mais le lieu étant jugé peu adapté c'est finalement sur la place Wilson, à la place d'un kiosque à musique qu'est érigé le monument. Au cours du mandat de Paul Ramadier, maire, les plans sont dressés par l'architecte P. Pouch comme en atteste la délibération du conseil municipal du 22 février 1922. Les travaux sont confiés à l'entreprise André Fontalba pour un montant de 108 705 francs. Le projet - un obélisque orné d’une statue, ensemble placé sur un soubassement parementé de dalles de pierre - est adopté par le conseil municipal qui décide le 8 mai 1933 de l’emplacement définitif et souhaite, que «la sculpture pourra exprimer l’horreur de la guerre, le triomphe de la paix, toute glorification de la guerre est strictement exclue». Un concours est lancé et l’un des cinq sculpteurs (Joseph Andrau, Joseph Grandet, Jean-Théodore Delabasse et Joseph Malet), Jeanne-André Galtié en est le lauréat. La ville lui confie la réalisation des décors qui doivent orner le monument. Des difficultés entre l’architecte et l’entrepreneur ralentissent la construction à tel point que c’est sous la direction du service des travaux de la ville que les travaux s’achèveront. Le 9 décembre 1934 le monument est inauguré et, reprenant un article de «L’Union catholique», le «Journal de l’Aveyron» rend compte de la journée qui débute dès 9 h par une messe à l’église. Puis, à 9 h 45, le cortège part de place Decazes devant la mairie et rejoint à 10 h 30 le monument. Après la sonnerie au clairon, sous la présidence du sénateur et ancien ministre, Paul Boncour, le monument est dévoilé, la «Marche funèbre» de Chopin est jouée suivie de «La Marseillaise». Une minute de silence est observée et le président du comité M. Poujade remet officiellement le monument à la garde de la ville. Les discours du député-maire Paul Ramadier et du sous-préfet de Villefranche-de-Rouergue sont prononcés puis, à 13 h, 800 convives participent au banquet organisé sous le vaste préau des écoles où d’autres discours seront alors prononcés, ceux des parlementaires, de personnalités locales… Le directeur des mines et usines de Decazeville ayant grandement participé au financement du monument et l’artiste, Jeanne-André Galtié sont également présents. Le concert de la «Lyre Decazevilloise» clôture la journée. Le monument ne porte aucun nom et les listes des morts de la Grande Guerre sont dans l’église proche.