Description historique
Le 27 septembre 1891, pour le vingtième anniversaire de la fin de la guerre de 1870-1871, "à l’exemple de plusieurs autres villes", la commune décide d’élever une "colonne commémorative au cimetière portant les noms des jeunes gens de Lézat morts pour la patrie". Ce monument doit "être élevé avant l’expiration du 20e anniversaire". Lézat est alors la seule commune de l’Ariège à posséder un monument dédié aux morts de 1870-1871. Puis, le 11 mai 1919, le conseil municipal nomme les membres du comité chargé d’élever un monument aux enfants de Lézat morts pour la France. Le maire monsieur Penent est président, monsieur de Médrano vice-président, messieurs Argaing trésorier et Abadie secrétaire. Trois commissions sont chargées de recueillir les souscriptions et les dons. L’édicule qui doit être érigé au cimetière, la partie artistique est confiée à un artiste régional, Paul Silvestre, deuxième prix de Rome. En attendant, les cérémonies se déroulent au "monument de Soixante-Dix" et sur les tombes des soldats morts. Le 21 septembre 1919, le comité décide que le monument sera sculpté dans du marbre et qu’il sera érigé à la place de l’ancienne caserne de gendarmerie qui doit être détruite. Paul Silvestre offre un bas-relief à placer au cimetière. Mais, faute de ressources financières suffisantes, la municipalité abandonne le projet de Silvestre et s’adresse pour la partie statuaire à Jules Pollachi. Le monument de la Grande Guerre s’élève, en septembre 1921, au centre du cimetière face à l’entrée. Il est alors constitué d’un "soubassement en pierre qui supporte deux belles colonnes, celle de 70 et celle de 1914". Le soubassement est en fait un caveau d’une quarantaine de places. Sur la pierre du socle sont gravés les noms des 96 Lézatois morts pour la France, au-dessous des vers de Victor Hugo. La statue de la "Victoire ailée" de Jules Pollachi est fournie par les établissements Edmond Guichard et compagnie. Elle est posée entre les deux colonnes. Le 10 mai 1923, la commune décide de faire graver une croix latine sur le monument aux morts inauguré le dimanche 17 juin 1923. La cérémonie est présidée par le sous-secrétaire d'Etat aux PTT, monsieur Laffont. A 15 h, le cortège formé dans le jardin de l'hôtel de ville se rend au cimetière et la cérémonie devant le monument se déroule ainsi : Marche funèbre de Mendelson puis appel des morts, "La Marseillaise", discours du maire de Lézat monsieur Pénent, "l'Hymne aux morts"» de Victor Hugo, "Gloire aux preux Lézatois", poésie dite par Fernand Duffort, discours du délégué de l'association des mutilés, Adagio de la sonate pathétique de Beethoven, la poésie "La Fleur du Sang", le discours du représentant du gouvernement, des parlementaires et enfin le chant des Girondins et le défilé devant le monument. Les huit obus reliés par une chaîne ont été cédés gratuitement en 1921 par le sous-secrétaire d’Etat chargé de la liquidation des stocks. En 1922, le ministre du commerce et de l’industrie chargé de la liquidation des stocks attribue à la commune deux canons de 58 placés de part et d’autre du monument et quatre fusils et quatre sabres qui devraient encadrer la plaque située à la mairie. Les plaques en marbre gravées des noms des morts des différents conflits du XXe siècle seront ajoutées et fixées dans les années 1960 sur les noms des morts gravés sur le monument. La liste des noms et prénoms des soldats morts pour la France et les dates et lieux de décès, dates de naissance, grades et régiments figure en pièce annexe.