Description historique
Les eaux thermales d'Ornolac-Ussat-les-Bains sont exploitées depuis le 18e siècle, mais les aménagements étaient alors assez sommaires. Un traité de 1787 fait état de fosses creusées directement dans le sol et soumises aux aléas de l’Ariège toute proche. Les cabines qui sont aménagées au-dessus des baignoires sont « étroites et basses, ces voûtes peu exaucées, y laissent amasser des vapeurs incommodes. » L’établissement est donné par Louis de Fraxine, baron d’Ornolac, à l’hospice de Pamiers, en 1787.£Le plan de l’établissement, dressé en 1821, fait état d’un bâtiment simple mais relativement vaste abritant une vingtaine de baignoires. Il s’agit peut-être plutôt en réalité du regroupement de plusieurs petits bâtiments accolés, abritant chacun deux à trois cabines voûtées et possédant sa propre toiture à deux pans. Ces différents bâtiments ne sont pas exactement dans le même alignement. À chacune des extrémités se trouvent deux pavillons à un étage et un étage de comble.£En 1838, l’ingénieur des mines Jules François est appelé pour remédier au problème du mélange des eaux thermales avec les eaux froides de l’Ariège. Il propose la reconstruction de l’établissement sur un seul alignement, plus près de la montagne, et la réalisation de galeries souterraines afin de canaliser l’eau thermale en amont de l’établissement. Le projet est réalisé par l’architecte Casimir Durrieux. Les plans sont approuvés en 1845. Ils intègrent la construction du péristyle qui doit servir d’accès monumental au nouvel établissement. Les fondations sont achevées en 1848. En 1850, l'architecte Casimir Durrieux (qui travaille à la même époque à la ferme-école de Royat) participe à la construction, commencée par l'entrepreneur Baron. L'ouvrage doit mesurer 99,04 m de long, pour 7 m de haut et il est prévu d'employer l'ordre ionique. Il doit se composer de deux avant-corps, qui seront couronnés d'un entablement surmonté d'acrotères. L'ouvrage doit se composer de 34 arcades supportées par des piédroits. Chaque piédroit reposera sur un socle monolithe de 65 cm de large et 45 de haut. Le piédroit doit avoir avec son socle une largeur de 60 cm, 2,75 m en hauteur et 0,55 m en largeur. Les impostes doivent être de 0,808 m de long, 0,758 m de large et 0,40 m de haut. Les arcs seront composés de neuf voussoirs de 3,45 m de long, 0,69 m de large et 26 cm de haut. Il doit également y avoir des pilastres aux angles des avant-corps, qui doivent eux-mêmes reposer sur des socles semblables aux piédroits des arcades. Les mesures correspondent à peu près à ce que l'on peut observer à l'heure actuelle.£A l’occasion de ces travaux, un nouveau bâtiment est bâti de l’autre côté de l’avenue afin d’y installer l’administration des bains et le bureau de l’inspecteur des eaux.£En 1855, l’hospice de Pamiers emploie les 5000 Fr accordés par l'État à l'achat de la frise et des bas-reliefs ornant la façade du péristyle auprès de Virebent frères à Toulouse (1 080 Fr). L’hospice achète également la peinture pour la façade (fresque, 70 Fr), pour la balustrade (huile), pour la frise (id.), pour les consoles en plâtre et pour les trente-neuf chambranles devant décorer les portes des cabinets de bain. C'est donc très probablement en 1855 (ou 1856) que les travaux du péristyle ont été définitivement achevés.£En 1869, la notice à destination des membres de la commission administrative de l'hospice de Pamiers précise que la galerie renferme "quarante baignoires en marbre de Carrare, avec plusieurs douches à nouveau système et autant de loges confortables". Les baignoires sont alimentées par cinq galeries souterraines, dont chacune a une température spécifique, qui décroît du sud au nord, entre 37° et 31°C. Au cours de la seconde moitié du 20e siècle, la galerie est vitrée. Les décors de volutes en terre cuite qui surmontaient les portes ont disparu à une date inconnue.£Le bâtiment où se trouvait l’administration a été transformé au cours du dernier quart du 20e siècle et abrite aujourd’hui une résidence.