Description historique
La construction de l'église Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus est liée à l'expansion démographique et économique de la ville d'Hirson dans les premières décennies du 20e siècle, et à l'action personnelle d'un homme, l'ingénieur d'origine hirsonnaise, Aimé Joseph Bonna (1855-1930). Devant la poussée démographique de la cité industrielle, l'exiguïté de l'église paroissiale Notre-Dame de Lourdes, reconstruite en 1908, et la nécessité d'édifier un lieu de culte pour desservir la cité cheminote des Chemins de fer du Nord, le clergé d'Hirson envisage, à partir des années 1920, de construire une chapelle. Aimé Joseph Bonna, inventeur d'un procédé nouveau de tuyaux de canalisation ayant fait sa fortune, décide en 1929 de faire construire à ses frais ce nouveau lieu de culte. C'est lui qui en dresse les plans, achète le terrain, finance et conduit les travaux. La modernité et la brutalité de l'oeuvre achevée peuvent surprendre, d'autant plus que l'un des premiers projets-plans en élévation montrait un édifice de style éclectique, à portique avec une façade inspirée de l'architecture classique du 17e siècle, tout en reprenant certains éléments du vocabulaire de la Renaissance. La 1ère pierre est posée le 3 octobre 1929. La mort de Bonna, en novembre 1930, n'interrompt pas le chantier, qui s'achève à l'été 1931. L'édifice est consacré le 30 septembre 1931. Outre l'édifice religieux proprement, comportant une crypte-chapelle souterraine, le bâtiment dispose également d'espaces de réunion et de salles à usage paroissial. L'édifice a été entièrement réalisé en béton armé, de nombreuses photographies permettent de suivre le chantier, son état d'avancement, et d'en observer les techniques de fabrication. Les bas-côtés ont été couverts par un toit en appentis à une date inconnue, alors que la maquette et les photographies de l'édifice inauguré montrent des toits en terrasse. La modernité architecturale de cet édifice, inspirée du mouvement Art déco, est perceptible dans ses lignes verticales, dans sa volonté d'intégration de la sculpture monumentale, qui contraste cependant avec le décor intérieur marqué par un certain historicisme inspiré des basiliques antiques. L'important décor intérieur, de style Art déco, faisant souvent corps avec les éléments architecturaux, n'a été réalisé que partiellement. Les voûtes en berceau de la nef et les plafonds des collatéraux, portant près de 1500 roses en plâtre polychrome, auraient dû être illuminés par autant d'ampoules.