Commentaire descriptif de l'édifice
L'étude a recensé 383 ponts et ouvrages d'art apparentés destinés à permettre d'une part le franchissement d'obstacles par la voie ferrée, d'autre part le maintien des circulations entravées par la ligne. La première catégorie inclut les ponts et viaducs, au nombre de 113 et réunis sous l'appellation de ponts-rails ou ponts ferroviaires. La seconde comprend des passages supérieurs (16 ponts routiers - ou ponts-routes - et 2 passerelles - réservées aux piétons) , établis au-dessus de la voie, et des passages inférieurs, permettant la traversée de la voie en souterrain. A cette catégorie se rattachent aussi les petits ouvrages servant à l'écoulement de l'eau : aqueducs, dalots (" aqueducs dont la voûte est remplacée par une dalle ") et buses. Ont également été pris en compte quelques éléments qui, en liaison directe avec la voie ferrée, ont été réalisés dans un second temps (pour le passage d'un chemin de fer d'intérêt local ou d'une route déviée, le remplacement d'un passage à niveau ou d'un ouvrage en mauvais état, etc.). Pertinente sur le terrain, la typologie de la SNCF, basée sur les dimensions des ouvrages d'art, a été adoptée : tout passage inférieur est considéré comme un aqueduc s'il a moins de 2 m d'ouverture (largeur intérieure) et comme un pont s'il dépasse cette dimension. Suivant cette classification, les aqueducs ne sont pas forcément réservés au passage de l'eau, ce dont rendent compte en 1879 les plans type d'aqueducs de 1, 50 m d'ouverture : celui destiné à l'écoulement des eaux a 1, 50 m de hauteur sous clef et celui réservé aux piétons 2, 50 m. Ils peuvent d'ailleurs assurer les deux fonctions comme l'atteste un document de 1881, exposant " que le chemin sur lequel est projeté l'aqueduc-passage [à Molinges] est très fréquenté, par les personnes qui se rendent aux usines et aux propriétés situées sur la rive droite de la Bienne ; [...] enfin que les dimensions projetées de 1 m 00 m sur 2 m 00 sont insuffisantes pour transporter, selon les usages du pays, les récoltes sur la tête ". La classification définitive a donc été corrigée suivant les critères de l'Inventaire et la réalité du terrain. Certains ouvrages ont de ce fait pu changer de dénomination lors de l'étude : aqueducs SNCF devenant des ponts et réciproquement. De même ont été classés comme pont le viaduc du PK 029.726 (La Chaux-du-Dombief) , composé d'une seule arche de 10 m d'ouverture, et l'ouvrage portant la voie au PK 099.981 (Arbent) , considéré comme un mur de soutènement à arcades mais dont deux des quatre arches sont ouvertes. Nombreux, parfois difficile d'accès, le corpus initial se répartit après ces corrections en 252 aqueducs et buses, 109 ponts (dont 3 détruits) , 20 viaducs et 2 passerelles. En éliminant les buses et les aqueducs de moins de 1 m d'ouverture, ce corpus est réduit à 187 ouvrages vus, dont 70 ont été sélectionnés : l'ensemble des viaducs, 41 ponts, 1 passerelle et 8 aqueducs (dont 5 de moins de 1 m d'ouverture, étudiés à titre d'exemple). 140 de ces ouvrages sont voûtés et en maçonnerie avec, pour certains, une voûte en rouleaux à ressauts ; 45 d'entre eux ont un tablier droit : à poutres - tablier métallique ou poutrelles enrobées (profilés métalliques en I type IPN noyés dans le béton) - ou en béton ; 2 font appel aux deux techniques (à Syam, le viaduc sur l'Ain et le pont sur la Saine). De fait, à l'origine, le choix de la technique dépend principalement de deux éléments : d'une part la hauteur nécessaire au passage sous le pont, fixant le niveau de l'intrados de la voûte pour un pont en pierre ; d'autre part le niveau des rails. Si la différence entre ces deux niveaux est réduite, un tablier métallique est mis en place sinon l'ouvrage est réalisé en maçonnerie. Par la suite, le béton armé dispense du recours à la voûte.