Description historique
Le manoir apparaît dès 1671 sur le plan de la forêt de Brotonne dressé à l'initiative de l'abbaye de Jumèges. Il est représenté à plusieurs reprises et sous des allures différentes sur les plans dressés aux 17e et 18e siècles par les arpenteurs de la forêt royale. Le plan de 1671 semble en donner la représentation la plus conforme à la réalité en faisant apparaître l'imposante souche de cheminée du logis et le colombier peut-être initialement coiffé d'un lanternon. Sous l'Ancien Régime, la famille Harden, vieille famille normande dont le nom apparaît lors de la bataille de Hastings, possédait trois fiefs sur la paroisse de La Haye-Aubrée : Bellemont, Bonneval et Chopillard. Les fiefs de Bellemont et de Chopillard ont été vendus au milieu du 18e siècle à Robert Dugard, riche armateur et commerçant de Rouen, de confession protestante. Chopillard était le fief noble le plus important et le plus ancien du sud de la forêt de Brotonne. Directement tenu du roi, il représentait un quart de haubert avec droits de haute-justice, de chasse et de vénerie... Son origine remonte à la famille de Chopillard qui existait aux 11e et 12e siècles. Jean Guesdon, avocat du roi au bailliage de Rouen, vicomte d’Évreux de 1453 à 1464 puis avocat général à l’Échiquier de Normandie, jusqu'à sa mort en 1492, rend aveu pour les fiefs de Chopillard et de Rougemontiers le 22 novembre 1474. Anthoine Harden, verdier de Brotonne et sieur de Chopillard, est anobli en 1573. Son fils Jacques hérite du fief. Anthoine de Harden, fils de Jacques, rend aveu du fief le 12 février 1610. Son fils, également appelé Anthoine, rend aveu le 7 octobre 1664. Le domaine fieffé consistait alors en 70 acres de terre pour lesquelles il était dû environ 20 livres, 20 chapons, 2 gélines, 100 œufs de rente, droit de patronage de La Haye-Aubrée et de Eturqueraye. Charles de Hardent, écuyer et seigneur de Chopillard, décédé le 4 mai 1726 est inhumé sous le chœur de l'église. Son fils Michel, baptisé le 17 octobre 1713, meurt aux environs de Rouen en 1762. Le logis comprend plusieurs périodes de construction : la cheminée est datée de la fin du 16e siècle, la façade postérieure a été reconstruite au 17e siècle comme l'indique la présence de la tourelle d'escalier, placée hors-œuvre. La façade principale a probablement été remaniée au 18e siècle : l'étage, autrefois en pan de bois, a été clos en brique. Enfin, une extension, en brique industrielle a été ajoutée sur la façade arrière à la fin du 19e siècle. Le colombier et le pressoir sont du 17e siècle. La chapelle, mentionnée dans les travaux historiques, a disparu depuis longtemps.