Description historique
Le toponyme « La Haulle » évoque la présence d'une grange établie de longue date en lisière de la forêt de Brotonne pour abriter les récoltes de l'abbaye de Jumièges produites sur le plateau du Roumois.Dans sa monographie sur Hauville, publiée en 1918, l'abbé Eudeline signale l'existence de ce fief au nord de la commune, près du hameau du Bois-Lambert ou Bosc-Lambert. Richard du West était seigneur des lieux en 1227 avant que Guillaume de la Haulle ne fasse don du fief aux moines de Jumièges qui demeurent seigneurs de la Haulle jusqu’au milieu du 18e siècle. Le fief de la Haulle est cédé à Jean de Fors en 1380. Au 14e siècle, il est attribué aux seigneurs de la cour de Bourneville (dont le fief était situé à Étreville). Au 16e siècle, il revient aux héritiers de Guillaume de la Vieille. En août 1595, Berthellemy Hallé, conseiller et échevin de la ville de Rouen est anobli en qualité de sieur de la Haulle. Au 17e siècle, il est cédé à Robert de Bois-l’Evêque († 1613), puis à Charles de Bois-l’Evêque († 1662). Charles du Saussay de la Vache hérite à son tour du fief qui reste pendant plus d’un siècle dans cette famille. Alexandre du Saussay de la Vache est mentionné en 1772, puis Marguerite Hallé d’Orgeville, sa veuve, appelée « dame de la Haulle ». Le fief de la Haulle avait greffier et prévost : en 1686, Guillaume Harel est mentionné comme prévost de la seigneurie de la Haulle. En 1692, Benjamin Perregrin choisit le site du manoir de la Haulle pour implanter une grande verrerie à proximité de la forêt royale de Brotonne. L'histoire de cette verrerie est présentée de manière plus approfondie dans un sous-dossier. IA00018600A l'issue du procès opposant les moines de Jumièges à M. de la Vaupallière (8 janvier 1761), le fief revient au marquis de Beuvron, sieur de la Vaupalière, qui possédait également les fiefs de Caltot et de Thibouville sur la paroisse de Hauville. Le manoir de La Haulle figure sur la plan de la paroisse et baronnie de Hauville dressé en 1748 (à l'occasion de ce litige), accompagné de ses nombreuses dépendances spécialisées (grange, pressoir, cave, four, charretterie, étable, grange, écurie, maison du fermier), entourée de murs en pierre et en bauge et agrémenté de parterres de jardins, de viviers, herbages et broussailles. Le logis, encore visible sur le cadastre napoléonien, a disparu depuis. Il subsiste la maison du fermier composée d'une partie ancienne datant de l'Ancien Régime et d'un corps de logis ajouté au début du 20e siècle.Après la Révolution, la propriété est acquise par M. Thorel, tandis que la ferme est exploitée par la famille Savalle pendant un siècle. A la fin du 19e siècle, cette grande ferme qui s'étendait sur 25 hectares, appartenait à M. Beauvoisin d'Elbeuf et était exploitée par Louis Savalle.