Commentaire concernant l'attribution de l'édifice
attribution par travaux historiques ; attribution par travaux historiques
Description historique
Si sa date de construction est inconnue, le château fort existe déjà en 1324. Lorsqu'il est acquis par les frères Ménans en 1854, le "Vieux château" se compose de bâtiments ordonnés autour d'une cour rectangulaire, délimitée aux angles par trois tours rondes, dont l'une est à demi arasée. Deux décrets de 1854 et 1857 autorisent Joseph, Simon et Jean Ménans, associés à Charles Bouveret, à établir deux hauts fourneaux dans leur propriété, à l'emplacement présumé du château. Les deux hauts fourneaux sont édifiés dès 1855, sous la même halle, d'après des plans signés de J. Ménans et Bouveret. Un logement patronal est bâti, et des logements ouvriers sont vraisemblablement reconstruits (ou aménagés) dans les dépendances situées entre les tours nord et ouest. La production annuelle de fonte, évaluée à 1400 t, devait utiliser 2400 m3 de minerai et consommer 24 000 stères de bois. En 1856, les frères Ménans et Charles Bouveret adhèrent à la Société des Hauts Fourneaux, Fonderies et Forges de Franche-Comté. A partir de 1866, les fontes seront envoyées par chemin de fer à l'usine-mère de cette société, une forge à l'anglaise située à Fraisans (39). L'établissement métallurgique est acquis en 1880 par la Compagnie des Forges d'Audincourt. La matrice cadastrale signale des travaux d'agrandissement et de destruction, menés sur les bâtiments du haut fourneau et des chaudières, et achevés en 1888. Ces travaux correspondent peut-être au démantèlement de l'un des hauts fourneaux. Le second, arrêté en 1905, est le dernier du département en activité. D'après la même source cadastrale, les installations techniques ("grue de 2500 kg, monte-charge, machine à vapeur, soufflerie et pompes pour les réservoirs supérieurs, forge, perceuse et tours, patouillet") ont été démolies en 1907. En 1900, le haut fourneau produisait 5 t de fonte brute en 24 h. Les bâtiments ont été utilisés jusqu'en 1952 comme entrepôts commerciaux par un négociant en vins. En 1949, un incendie détruit la presque totalité des entrepôts et magasins situés contre les murs d'enceinte sud et est. Le bâtiment des hauts fourneaux, vidé de ces installations, est encore en place. Le site est aujourd'hui habité par un particulier. En 1855, les deux hauts fourneaux sont munis chacun de deux tuyères, dont la soufflerie est actionnée par deux machines à vapeur de 12 et 30 ch. Leurs deux chaudières, placées à la partie supérieure des hauts fourneaux, sont chauffées avec les gaz du gueulard. Les machines à vapeur actionnent également un patouillet, des pompes, et un monte-charge. Les hauts fourneaux emploient 16 personnes en 1893.