Usine métallurgique dite forge de Pesmes, puis usine de taillanderie, actuellement musée et centrale hydroélectrique

Désignation

Dénomination de l'édifice

Usine métallurgique ; usine de taillanderie

Appelation d'usage

Forge de Pesmes

Destination actuelle de l'édifice

Musée ; centrale hydroélectrique

Titre courant

Usine métallurgique dite forge de Pesmes, puis usine de taillanderie, actuellement musée et centrale hydroélectrique

Localisation

Localisation

Bourgogne-Franche-Comté ; Haute-Saône (70) ; Pesmes

Précision sur la localisation

Anciennement région de : Franche-Comté

Aire d'étude pour le domaine Inventaire

Haute-Saône ; Pesmes

Canton

Pesmes

Lieu-dit

Forges (les)

Références cadastrales

1836 E 1 à 22 ; 2008 AE 1 à 15, 17, 18, 23, 27, 28, 30, 31, 42, 43, 45, 47, 56 à 59

Milieu d'implantation pour le domaine Inventaire

Isolé

Nom du cours d'eau traversant ou bordant l'édifice

Ognon (dérivation de l')

Partie constituante non étudiée

Atelier de fabrication ; entrepôt industriel ; transformateur (abri) ; bureau d'entreprise ; conciergerie ; logement ; logement patronal ; enclos ; parc ; communs ; orangerie

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

17e siècle (détruit) ; 4e quart 18e siècle ; 2e quart 19e siècle ; 1ère moitié 20e siècle

Commentaires concernant la datation

Daté par source ; daté par travaux historiques

Auteur de l'édifice

Champonnois l'aîné ; (architecte)

Commentaires concernant l'attribution de l'édifice

Attribution par travaux historiques

Description historique

Par lettres patentes du 31 janvier 1660, Philippe IV d'Espagne autorise Charles de la Baume, marquis de Saint-Martin, à établir un fourneau et une forge pour la fabrication d'armes (bombes, grenades et balles). Réputé, le fer de Pesmes fournit les arsenaux de Toulon et Rochefort, la manufacture d'armes de Saint-Etienne et la région lyonnaise. La production de fonte atteint 500 t en 1772, contre 650 t en 1788. Celle de fer passe de 300 t en 1755, à 350 t en 1772. La forge est affermée de 1768 à la Révolution française à Joseph Rossigneux et son fils Jean-Baptiste. La maison de maître de forges, ainsi que les dépendances (écuries, remises) et 26 logements ouvriers, sont construits en 1788 et 1789. Propriété du marquis de Choiseul, l'établissement industriel est vendu comme bien national à Claude-Pierre Dornier en 1795. A sa mort en 1807, l'usine sera administrée par sa veuve, Catherine Rochet, fille du maître de forges Jean-François Rochet. Entre 1824 et 1830, l'établissement subit d'importantes modifications sous la direction de l'architecte Champonnois l'aîné : la demeure patronale et les dépendances de la cour sont transformées et agrandies, et un pont enjambant l'Ognon est reconstruit. Enfin, un second haut fourneau est édifié, conformément à l'ordonnance royale du 16 septembre 1831 autorisant son établissement. En 1860, les forges sont vendues par les héritiers Dornier à la Société des Hauts Fourneaux, Fonderies et Forges de Franche-Comté, dans le capital duquel elles étaient entrées dès 1856. Leur régime hydraulique est réglementé par arrêté préfectoral du 21 avril 1868, modifiant un décret du 25 avril 1863. Un fourneau est supprimé en 1870, le second l'est en 1874. Après l'extinction de deux feux de forge avant 1869, l'usine métallurgique ferme ses portes vers 1875. Les tours des hauts fourneaux sont démantelées vers 1883 (mais les bâtiments les contenant sont conservés) , en même temps que sont rasés la halle à charbon, la charronnerie et les logements d'ouvriers. L'usine est vendue à Henri Jouclard qui tente, en vain, d'établir un nouveau haut fourneau (1886-1889). En 1893, Auguste Chrétien, industriel à Dole (39) , s'installe dans les bâtiments et développe une unité de fabrication d'outils en fer (spécialisation de sécateurs). L'entreprise est dirigée de 1894 à 1899 par la veuve d'Auguste Chrétien, jusqu'en 1907 par Victor Mathieu, puis jusqu'en 1920 par Aimé Rosselange. L'établissement est connu en 1901 sous l'appellation Manufactures de sécateurs et coutellerie Georges Gérard Fils (maisons réunies E. Mathieu, de Pesmes et G. Gérard fils, de Dole) , puis Forges de Pesmes E. Mathieu (anciens établissements Gras-Jacquot-Chrétien) en 1904. Il est agrandi vers 1908, acquis en 1920 par MM. Lévy et Gouvy, et exploité par Paul et Jean Billardet, et Jacques Marx. Il est connu en 1929 sous le nom de Manufacture Générale Franc-Comtoise. L'affaire est reprise en 1930 par René Amstutz, industriel implanté à Villars-sous-Dampjoux (25). En 1936, il reprend l'usine de Fraisans (39) , et transfère le matériel à Pesmes. Outre la gamme des sécateurs, échenilloirs et cisailles à haies, René Amstuz fabrique également du petit outillage (tenailles, cisailles, burins, marteaux divers, tournevis, pinces coupantes). Un bâtiment couvert de sheds est construit dans le second quart du 20e siècle à l'emplacement d'une halle à charbon. Devenue société des Forges de Pesmes en 1963, l'entreprise est transformée en société anonyme en 1971, et dépose son bilan en 1973. L'usine est aussitôt louée, puis achetée en 1976, par la société ardennaise des Forges et Taillanderie de la Givonne. Elle produit 200 t d'outils en 1980. Devenue la société L'outillage franc-comtois en 1991, elle poursuit la fabrication d'outillage à main, jusqu'à la fermeture en 1993. Cette même année, les bâtiments ont été acquis par la commune et l'appareil de production acheté par la Conservation départementale des Musées de Haute-Saône. Inauguré en 1998 dans le bâtiment du second haut fourneau, le musée des Forges propose la visite in situ d'une cinquantaine de machines (presses, martinets, marteau-pilons, cisailles, fours, étaux, fraiseuses, etc.). Une centrale hydroélectrique, toujours en activité, est mise en service à l'emplacement du déversoir en 1976. La demeure patronale est habitée par un particulier. En 1840, l'usine se compose de 2 hauts fourneaux et de 4 feux d'affinerie, contre 2 hauts fourneaux, 2 feux d'affinerie et un feu de martinet en 1851. L'usine dispose d'une puissance hydraulique de 200 ch en 1893. Installation de deux turbines de marque Goulut-Borne dans les années 1930. En 1976, la centrale hydroélectrique développe une puissance de 440 kW. Elle renferme aujourd'hui 3 groupes-bulbes. Les forges emploient 66 personnes en 1840. L'usine de taillanderie emploie 37 personnes en 1911, et une cinquantaine après la Seconde Guerre, contre 12 en 1973 et 34 en 1976.

Description

Matériaux du gros-œuvre

Calcaire ; moellon ; enduit ; résidu industriel en gros oeuvre ; béton ; parpaing de béton

Matériaux de la couverture

Tuile mécanique ; tuile plate ; verre en couverture

Description de l'élévation intérieure

1 étage carré

Partie d'élévation extérieure

Élévation à travées

Typologie de couverture

Toit à longs pans ; croupe ; demi-croupe ; shed

Emplacement, forme et structure de l’escalier

Escalier dans-oeuvre

Source de l'énergie utilisée par l'édifice

Énergie hydraulique ; produite sur place ; turbine hydraulique

Commentaire descriptif de l'édifice

Les bâtiments des hauts fourneaux sont construits en moellon de calcaire et enduit partiel, couverts de toits à longs pans en tuile mécanique. Le bâtiment ouest a été pourvu d'un étage carré ; celui situé à l'est porte un cartouche gravé de l'inscription : Edifié par Mme Catherine Rochet veuve Dornier. Les deux ateliers construits au 20e siècle sont en rez-de-chaussée, couverts de sheds. Un petit magasin industriel, placé contre le transformateur, est construit en parpaing de mâchefer. Edifiée en moellon de calcaire enduit, la conciergerie comprend un étage carré et est couverte d'un toit à demi-croupes. Le logement patronal comprend un corps de bâtiment principal flanqué de deux ailes en retour. Ce bâtiment central, précédé sur ses deux façades d'un large perron, est pourvu d'un rez-de-chaussée surélevé, dont la travée centrale à un étage carré est surmonté d'un fronton triangulaire percé d'un oculus. Les ailes en retour sont en rez-de-chaussée, couvertes de toits à longs pans, croupes et tuile plate. Les dépendances sont également construites en moellon de calcaire, pourvues de longues toitures couvertes de tuile plate.

État de conservation (normalisé)

Établissement industriel désaffecté

Protection et label

Date et niveau de protection de l'édifice

1993/04/05 : inscrit MH partiellement

Eléments remarquables dans l'édifice

Logement patronal

Observations concernant la protection de l'édifice

L'ensemble protégé comprend un vaste corps de logis bâti en U et des dépendances (magasins, remises, écuries, orangeries) , construit à la fin du 18e siècle pour la famille Rossigneux, remanié et agrandi vers 1830 par l'architecte Champonnois l'aîné.

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Propriété privée,propriété publique

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

1986 ; 2008

Date de rédaction de la notice

1987 ; 2008

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Christiane Roussel ; Favereaux Raphaël

Typologie du dossier

Dossier individuel

Adresse du dossier Inventaire

Conseil régional de Franche-Comté - Direction de l'Inventaire du patrimoine 4, square Castan 25031 Besançon Cedex - 03.81.65.72.10

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