Commentaire descriptif de l'édifice
Limmeuble Perry se situe sur une parcelle traversante au numéro 3 des places de la Trinité et Esquirol. Jean Perry, propriétaire et dirigeant de la société, souhaite lédification dun grand magasin comprenant une large surface de vente, des bureaux et un atelier de couture aux étages supérieurs, ainsi quun salon de thé avec terrasse. Il détient déjà un magasin à lemplacement cité, au rez-de-chaussée dun immeuble vétuste. Pleinement satisfait du travail de Bernard Bachelot pour sa maison familiale, il lui confie dès lété 1964 ce projet à larchitecture quil souhaite résolument moderne, à limage des aspirations de son entreprise familiale. Le permis de construire fait lobjet de débats sur la question de lintégration de cet immeuble dans le centre ancien de Toulouse. Répondant à la fois à la contrainte imposée par Jean Perry déviter la fermeture du magasin et au contexte urbain, Bachelot propose la construction de limmeuble en deux corps de bâtiments séparés par une cour utilisée comme terrasse au 3e étage. Les rez-de-chaussée, 1er et 2e étages sont affectés aux espaces de vente sur lintégralité de la surface de la parcelle. Coté Esquirol, le 3e étage est dédié au salon de thé, les 4e et 5e étages aux bureaux ; coté Trinité, des bureaux occupent les 3e et 4e étages et le local chaufferie au dernier étage. Les façades côté Esquirol et côté Trinité sont composées de façon similaire : grands trumeaux liant les premiers et deuxièmes étages, division en 3 travées, décalage en quinconce des baies des derniers niveaux. Néanmoins, un axe de symétrie guide la composition de la façade place Esquirol, contrairement à celle de la place de la Trinité qui montre à la fois la structure porteuse et les fonctions internes du magasin. Limmeuble est construit selon un système poteaux-dalles, répondant aux exigences de liberté dutilisation, aux fonctions changeantes et évolutives dun espace de vente et à lirrégularité et létroitesse de la parcelle à construire. Les deux façades sont habillées de marbre rose de Vérone : Bernard Bachelot explique le choix de ce matériau par sa durabilité et pour le prestige qui lui est attaché. Les plaques de marbre de 4 cm dépaisseur sont collées aux éléments porteurs. Une entreprise de travaux funéraires, lentreprise Escourbiac, a été chargée de la pose du marbre, confirmant laspect novateur de ce chantier et de cette architecture. Le dessin du calepinage est né de la collaboration de larchitecte et de lentreprise chargée de la pose, aboutissant au choix de deux aspects pour le marbre, gradiné et adouci. DLAB 2017/02/07 : label Patrimoine du XXe siècle