Commentaire descriptif de l'édifice
Cette villa de 251 m² est construite sur deux niveaux, avec un étage partiel. Un atelier de céramique pour Annie Verdier et un atelier d'architecture pour Maurice Revel permettent aux propriétaires d’avoir leur lieu de travail sur place. Elle présente une structure poteaux-poutres, un plan ouvert et une silhouette à l’horizontalité marquée. Avec sa toiture terrasse, ses grandes baies vitrées prolongées par des terrasses, et bien que les parois de verre soient ici moins mises en évidence afin de s’adapter au climat local, elle est typique des maisons de type californien, inspirées de l’œuvre de Richard Neutra dans les années 1960.
La villa est construite sur le principe d’une structure poteaux-poutres (murs de briques enduits d'un crépis épais) à toit plat. Les murs extérieurs qui soutiennent les terrasses sont en pierres issues du terrain. Des éléments en béton matricé de couleur bleu et les grandes baies vitrées en aluminium complètent les matériaux des façades avec les bandeaux des toits qui avec le temps sont devenus couleur brun/roux. Conçue pour profiter au maximum de la nature, avec de nombreuses terrasses et jardins intérieurs donnant l’impression que la végétation pénètre dans la maison, elle est protégée du soleil d’été par une large terrasse au toit débordant au sud. Les eaux pluviales sont récupérées dans des bassins. La maison fonctionne sur des principes de récupération de la chaleur l’hiver, au moyen des grandes baies vitrés orientées sud. Ces baies sont surmontées de casquettes qui les protègent du soleil d'été. Le béton et les murs de pierres contribuent à l'inertie thermique, avec une isolation avec de la paille et le jardin intérieur permettant l'été une sur-ventilation nocturne. Le chauffage et la climatisation ont été conçus à l'origine au fréon. De plus, la construction avec des pierres provenant du terrain est à noter. Réalisé pendant les évènements de mai 1968, le chantier a subi des difficultés d’approvisionnement en matériaux, d’où des carrelages mêlés et 6 mois passés sans eau.
L’espace intérieur est divisé par des différences de niveaux et des murs bas en pierre sèche. Le hall d'entrée, le jardin intérieur vitré, le séjour, le coin télé et la salle à manger sont des espaces directement perceptibles, sans écran visuel. Le coin chambres sur le côté ouest de la villa s'organise autour d'un petit salon qui donne sur un patio. Chacune des chambres possède soit un patio soit une terrasse. A l'étage, l’architecte a installé son atelier, éclairé par de vastes baies vitrées sur trois des quatre parois, « pour suivre la course du soleil ». Certains éléments sont singuliers : le placard qui sépare la cuisine-laboratoire et la salle à manger s'ouvre des deux côtés, permettant de prendre la vaisselle côté cuisine ou côté salle à manger. La table qui est une poutre lamellée collée de récupération, traverse ce placard au niveau d'un passe-plat. Elle n'a qu'un seul pied coté salle à manger. Le manteau de la cheminée est la récupération d'un toit de cuivre. Certains meubles sont intégrés dans la maçonnerie.