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POP | Plateforme ouverte du patrimoinefeu solaire du cap Cerbère ; feu de jalonnement solaire
feu solaire du cap Cerbère ; feu de jalonnement solaire






Référence de la notice
ACR0002033
Nom de la base
Patrimoine architectural (Mérimée)
Producteur
Label Architecture contemporaine remarquable
Date de création de la notice
27 janvier 2026
Date de dernière modification de la notice
10 février 2026
Rédacteur de la notice
Marciano Florence ; François Michèle
Désignation de l'édifice
Titre courant
feu solaire du cap Cerbère ; feu de jalonnement solaire
Producteur
Label Architecture contemporaine remarquable
Dénomination de l'édifice
feu de signalisation maritime
Localisation au moment de la protection ou de l'étude
Localisation
Occitanie ; Pyrénées-Orientales (66) ; Cerbère ; RD 914
Références cadastrales
AE 243
Historique de l'édifice
Siècle de campagne principale de construction
Année(s) de(s) campagne(s) de construction
1982
Auteur de l'édifice
Description historique
La construction de ce feu a été rendue nécessaire par la suppression du vieux feu sur le port de Cerbère. Le site des très hautes falaises du Cap Cerbère a été choisi, mais il était exclu d'apporter une alimentation électrique par ligne aérienne, pour ne pas dénaturer le paysage. L'équipement des zones isolées est souvent ralenti par le manque de sources énergétiques pures et autonomes. La conversion photovoltaïque de l'énergie solaire permet de résoudre ce problème dans de nombreux cas, en particulier pour les faibles énergies, comme dans le cas de systèmes d'alimentation de feux de jalonnement. La consommation d'énergie a lieu en site isolé, elle est faible ou très faible et la sécurité doit être totale.
Pour cela, les générateurs photovoltaïques sont parfaitement adaptés. Ils fournissent de l'électricité régulièrement sans rien consommer et pratiquement sans entretien. Les modules photovoltaïques sont des dispositifs entièrement statiques transformant directement la lumière du soleil en électricité. Grâce à la seule utilisation de l'énergie solaire, ils sont totalement autonomes, silencieux et non polluants. Cependant, les aléas climatiques imposent l'utilisation d'un stockage "tampon" entre les modules solaires et l'utilisateur, afin de fournir l'électricité avec suffisamment de régularité. Leurs applications sont extrêmement nombreuses et ils se valorisent d'autant mieux si on les installe dans des zones isolées ou difficiles d'accès.
En France, la question de l'énergie solaire a longtemps été traitée par les chercheurs et le CNRS ; en 1958, ils mettent au point le four solaire d'Odeillo. Les premières applications en architecture sont le fait de Jacques Michel, un architecte, avec Félix Trombe, directeur du laboratoire d'énergie solaire du CNRS. Il s'agit de l'appliquer à l'habitat domestiques, petits immeubles ou maisons individuelles. Quelques maisons prototypes sont construites, et le procédé Michel-Trombe breveté en 1971. La question du solaire se vulgarise grâce au mouvement écologiste. A la suite de la première crise pétrolière de 1973, la question devient politique. En 1975, l'Etat forme un Comité de l'énergie solaire au sein de la délégation aux énergies nouvelles (DEN) et distribue des crédits à la recherche. Les architectes Jacques Michel et Georges Alexandroff continueront d'expérimenter l'architecture solaire, par exemple. Mais malgré le militantisme de ces architectes, les contre-performances des matériels leur porte tort. Et les années 1980 voient EDF favoriser le tout électrique, grâce au lobby nucléaire et avec la participation de l'Agence française de la maîtrise de l'énergie. Dans les années 1980, de nombreuses constructions solaires, villas bioclimatiques montrent cependant l'intérêt constant des architectes dans ce domaine. Le feu solaire de Cerbère participe donc à ces expériences d'intégration du solaire, ici pour un équipement public. C'est un projet soutenu par le département des Pyrénées-Orientales qui construit alors la centrale solaire de Thémis.
Le fût central de ce feu a été étudié pour être exporté dans tous les points du globe.
Le feu solaire de Cerbère est l'ultime phare français avant la frontière avec l'Espagne. Son fût, jaune à l'origine, a été repeint en blanc.