Commentaire descriptif de l'édifice
Le programme comprend l'église elle-même avec une sacristie, les fonds baptismaux, une chapelle latérale. Dans le cadre de la nouvelle pastorale, il comprend également une annexe avec deux salles autour d'un patio, des dégagements et deux w.c.
Le plan de l'église est relativement simple : une entrée par un couloir formant narthex qui décale la porte à droite de la nef rectangulaire ; il est ouvert à claire-voie côté ouest. Les fonds baptismaux se situent dans le prolongement du narthex, une pièce carrée en léger ressaut, accessible également depuis la nef. La nef se termine par un choeur triangulaire. Une série de cinq piliers tronqués le long de la nef au sud crée une sorte de bas-côté ouvert ; les poteaux métalliques de soutien du toit ont été habillés par des caissons en béton cyclopéen. A gauche, le long du choeur, s'ouvrent la chapelle et la sacristie. L'autel est surélevé par une estrade en béton. A l'angle nord-ouest, accessibles depuis l'extérieur, se trouvent le patio flanqué dans l'angle de la réserve et des deux salles situées à l'opposé, orthogonalement. Les toilettes sont entre les deux salles.
C'est en jouant sur les volumes que l'architecte donne son caractère à l'édifice. Les murs sud et nord comportent une très légère pente de 4% vers le choeur. Au sud, le mur est traité en épis et le bas-côté couvert d'un pan de toiture à pente inversée et débordant, formant auvent. Le toit de la nef est également à une pente, montant vers le nord. L'espace intérieur (plafonds lambrissés, couleur palissandre) reprend ces pentes. Le toit triangulaire de la nef plonge vers l'arrière, formant une arête au-dessus de l'autel, et définit ainsi à l'intérieur un triangle dont la pointe se trouve au-dessus de l'autel (le symbole de la Trinité?).
A l'arrière, l'espace du patio et des deux salles forme un angle très sortant. Sur la salle la plus grande, la pente de la toiture est également inversée, les autres sont plates. La seule courbe du mur extérieur se trouve dans l'angle sous le triangle du toit du choeur. Côté nord se trouvent deux portes, une porte double de secours donnant dans la nef et une porte plein-cintre pour accéder au patio.
Le traitement de la lumière est particulier : les ouvertures de l'église se font uniquement par de très étroites baies. Côté sud, les refends en épi ménagent six "meurtrières" ouvertes sur toute la hauteur du mur, donnant une lumière indirecte. Une autre ouverture se trouve à l'angle du bâtiment dans l'espace des fonds baptismaux. Une fenêtre bandeau est ouverte sous toute la pente du toit côté nord. Sous le triangle du plafond du choeur, l'éclairage artificiel sur les deux côtés donne du relief au triangle sombre de l'intrados du toit. Il n'y a aucun vitrail dans l'église.
Le traitement des murs est simple : béton banché cyclopéen avec pierre de garrigue, pas d'enduit intérieur (sauf pour les salles de réunion), sols en dallage ciment, poteaux métalliques du bas-côté, plafonds en lambris, y compris en sous-toit et dans le narthex. La toiture en linex vert rappelle la couleur du cuivre.
Castella avait dessiné un clocher qui a été simplifié. Il comporte trois cloches dans une structure métallique, située au-dessus des fonds baptismaux.
Quelques éléments comme la pente du toit visible à l'intérieur et la fenêtre bandeau sous le toit rappellent l'espace et l'éclairage voulus par Le Corbusier à la chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp (1953-1955).
Avec des volumes simples, une attention particulière portée sur la diffusion de la lumière vers l'intérieur, Castella a réussi à créer une église moderne, qui correspond bien aux réformes liturgiques de cette période. A Carcassonne, Henri Jaulin construit l'église de Grazailles (1980) selon les mêmes principes de simplification voulus par le concile Vatican II. On peut aussi citer l'église du Saint-Esprit à Montpellier (Marcel Pigeire, 1968, Label ACR) pour l'emploi de matériaux simples et peu chers, ici la structure triangulaire en lamellé-collé.