Commentaire descriptif de l'édifice
"L’église mesure 40 mètres de long, 26 mètres de large, 10 mètres de haut, et elle possède une surface
de 520m². Son plan dérive du modèle basilical à vaisseau unique, présentant une forme en éventail qui
s’ouvre à mesure qu’on va de l’entrée vers le choeur. Cela a pour effet de placer l’autel au centre de
l’attention, au fond d’un espace ouvert et unifié. Réalisé en béton et en pierre de Chomérac, il est
disposé légèrement en hauteur, entre le mur du fond concave et un emmarchement convexe, dans un
espace qui évoque une mandorle. Par ailleurs, le sol est légèrement en pente, et la couverture
légèrement haussée à ce niveau.
Le parti structurel permet lui aussi l’ouverture de l’espace, disposant dans la nef cinq portiques en
béton armé, invisibles depuis l’extérieur, qui supportent une double dalle de béton cellulaire de type
Siporex en couverture, libérant les murs de leur fonction porteuse ; ceux-ci ne supportent que le poids
des vitraux. Le plafond de l’église est légèrement voûté et laisse voir les marques du coffrage. Les murs
sont quant à eux en moellons en pierre de Saint-Maximin à joints creux, pour l’église comme pour les
annexes qui forment un ensemble.
Le clocher s’élève à 17m et repose sur une dalle de béton formant auvent au-dessus de l’entrée de
l’église, soutenue par deux piliers de béton qui encadrent la porte. La même dalle forme une tribune
dans la nef au-dessus de l’entrée, soutenue par deux poteaux en béton dans lesquels sont intégrés des
bénitiers moulés. Une sculpture avait été dessinée et prévue devant le clocher, figurant un saint
portant la Croix, mais n’a pas été réalisée. Les huisseries et les vantaux sont en chêne, le dallage en
comblanchien. Les entreprises ayant oeuvré à la construction sont Coutant pour la maçonnerie, Gibier pour
l’électricité, Laubeuf, Barnabé et Vergnaud pour les menuiseries, Brideaud pour la plomberie, Raoul
pour le chauffage, Le Bihan pour la serrurerie, Tomasina pour la peinture.
Les vitraux sont l’élément le plus remarquable, occupant les deux tiers de le hauteur des murs. Ils
constituent une grande baie continue qui parcourt toute l’église, sauf le choeur qui est aveugle : son
austérité est valorisée par contraste, et reçoit l’éclairage et les couleurs transmis par les ouvertures.
Cette composition rappelle les saintes chapelles médiévales bien que dans ces modèles le choeur soit
ajouré. A Maisons-Laffitte, les panneaux en dalle de verre forment cinquante-six lancettes tenues par
des meneaux en béton qui rythment et encadrent la composition. Le réseau de béton comporte des
lignes horizontales en contrepoint. Dans ce quadrillage, le reste du réseau est librement composé au
profit de formes abstraites et colorées. D’abord prévus avec des vergettes métalliques, les vitraux sont
réalisés en dalle de verre selon le choix de l’architecte, sans doute pour des raisons économiques9 , et
leur pose est terminée en mars 1962. Quatorze mille neuf cent petites dalles formant trois cent quatrevingt-
douze panneaux sont ainsi conçues par André Ripeau, maître-verrier qui s’affiche comme étant
catholique. Le développement de sa composition va du sud vers le nord : un éclatement de couleur
évoque la révélation de Paul sur le Chemin de Damas, laissant ensuite place à la sérénité des épîtres
du saint avec des fragments de textes choisis par le clergé (notamment le chanoine René Favre) ; suit
une ambiance plus sombre autour de l’entrée afin de donner un aspect quelque peu tourmenté à
l’entrée des fidèles venant de l’extérieur, puis viennent des tons plus joyeux et colorés. Ces forment
doivent constituer un chant qui se poursuit en l’absence des fidèles10. Elles sont ponctuées de citations
relatives à la liturgie de Notre-Dame des Sept douleurs tirées du livre de Judith et de l’Evangile selon
saint Jean ; le texte est néanmoins parfois en partie caché par les portiques, comme si cette
composition n’avait pas pris en compte leurs emplacements précis. André Ripeau souhaite une
ambiance aux nuances fines, et évoque pour modèle les peintures d’Altamira ou les mosaïques de
Ravenne, mais aussi les reliefs naturels des côtes bretonnes ou les failles granitiques de l’Orne.
L’abandon de la figuration participe à concentrer l’attention sur l’autel, la célébration de la messe ou
la prière, ce qui ici va dans le sens du parti pris architectural et du dénuement presque total de décor.
Les ambons sont intégrés au bâti et son traités comme les murs. Le baptistère a été réalisé en 1964,
dans une esthétique proche de celle du tabernacle et des chandeliers. Un autel secondaire a été
disposé côté sud en 1967, surmonté d’une sculpture de la Vierge. Un Christ en Croix du XVIe siècle,
inscrit au titre des monuments historiques en 1966, a été disposé au-dessus du maître-autel. Il est intéressant de noter que, bien que situé dans le fond, l’autel n’a pas eu besoin d’être déplacé pour
célébrer la messe face au peuple, suivant les dispositions du concile de Vatican II.
Un lambris a été posé en 2003 dans la partie basse des murs, sous les vitraux, pour améliorer
l’acoustique. L’église ne dispose pas d’orgue, mais a pour projet d’en faire installer un. Une maquette
de l’édifice est conservée dans la nef.
Les annexes enfin, sacristie et presbytère, entourent le chevet et sont traitées de la même façon que
l’église, créant une unité d’ensemble."