Commentaire descriptif de l'édifice
"L’église haute est d’une surface de 700m² et peut accueillir 700 fidèles assis ; la crypte est plus petite
de moitié. La plan est dérivé du modèle basilical, présentant un vaisseau unique dont les murs latéraux
de la nef et du choeur sont obliques et convergent vers l’autel placé là où l’espace est plus resserré. Le
sol est également en légère pente au direction de l’autel. Celui-ci est un peu avancé vers les fidèles,
disposition de plus en plus courante après 1945 pour permettre au prêtre de célébrer l’office face au
peuple, jusqu’à ce qu’elle soit officiellement entérinée par le concile de Vatican II. Afin de favoriser la
participation des fidèles, l’instruction Inter OEcumenici de 1964, consécutive aux nouvelles dispositions
liturgiques décidées dès 1963 par le concile, précise dans son point n°91 qu’« II est bien de construire l'autel majeur séparé du mur, pour qu'on puisse en faire facilement le tour et qu'on puisse y célébrer
vers le peuple, et il sera placé dans l'édifice sacré, de façon à être véritablement le centre vers lequel
l'attention de l'assemblée des fidèles se tourne spontanément », et redit dans son point n°95 qu’« Il
est permis de célébrer la messe face au peuple14 ». Cette pratique est prise en compte dès 1946 par
exemple par L’Art sacré lorsque la revue préconise des autels dont les deux faces sont travaillées pour
prévoir ce cas de figure15 , et mise en oeuvre par exemple à l’église de Tromblaine en 1950. La
célébration face au peuple est ainsi encadrée avant 1964, soumise à autorisation selon le Directoire
pour la pastorale de la messe adopté en 1956 par les évêques de France. Nombreux sont les autels
dont on peut faire le tour dans les églises construites après 1945, suivant un mouvement de fond plus
ou moins marqué selon les endroits. Dans l’église du Pecq est ainsi appliqué un principe souvent
sollicité avant d’être généralisé par l’Eglise, bien que ces novations aient aussi fait l’objet de débats16.
L’ambon également remplace la chaire et est disposé à l’entrée du choeur pour les lectures et la
prédication. Par ailleurs, le plan adopté permet de disposer deux autels secondaires disposées
symétriquement au fond du choeur, dans les angles.
La façade principale est très sobre, presque entièrement occupée par les verrières en dalle de verre de
Maurice Rocher, peu lisibles de l’extérieur, excepté la nuit. Autour de l’entrée est disposée une grand
cloison composée d’un châssis en bois et de nombreuses petites fenêtres rectangulaires. Les murs
latéraux sont en béton armé préfabriqué et sont constitués de panneaux décalés les uns par rapport
aux autres afin de laisser entrer la lumière de biais. De petites ouvertures triangulaires en partie basse
permettent aussi d’éclairer la crypte.
Le couvrement est fait de plusieurs voiles en bois lamellé-collé qui reposent sur une arête centrale
courbe (de forme hyperbolique), elle-même formée de trois pannes en lamellé-collé assemblées par
des tubes métalliques boulonnés, longues de 55m et montant jusqu’à 35m de hauteur. Cette arête est
soutenue au niveau du mur pignon par un poteau en béton visible au niveau des tribunes, et dont la
charge est reportée sur le plancher en béton de la tribune et transmise aux murs gouttereaux. Cette
arête soutient les quatre voiles de bois qui se rejoignent au niveau de la flèche sans supports
intermédiaires. Ces voiles sont composés de trois lits de planches de sapin de 13mm d’épaisseur, le
premier lit étant embrevé sur la face intérieur, les deux autres à joints vifs ; ils sont fixés les uns aux
autres par collage ou clouage. Ils ont été posés grâce à des chevrons provisoires, retirés par la suite.
Cette charpente est initialement couverte par un revêtement synthétique à base de caoutchouc, puis par du cuivre à partir de 2002. La forme géométrique complexe choisie par les architectes et ingénieurs
pour constituer la couverture est une paraboloïde hyperbolique, conçue pour avoir une capacité de
résistance intrinsèque, reposant sur les murs en partie basse et sur l’arête centrale en partie haute,
sans autre support. Cette forme, permise par l’usage du bois lamellé-collé, confère aussi à l’église un
élan particulièrement fort, sensible à l’extérieur comme à l’intérieur, la flèche étant située juste audessus
de l’autel. A cet endroit, le regard est comme happé vers le haut de la flèche, dont on ne perçoit
l’extrémité qu’en étant situé au niveau de l’autel. Au départ, l’abside était projetée avec une grande
verrière ; finalement, ce sont des failles lumineuses qui ont été aménagées à chaque rencontre entre
les voiles du couvrement, marquant l’axe symboliquement central occupé par la flèche, et participant
d’autant plus à donner l’impression d’une structure aérienne et délicate.
L’arête centrale de la couverture est surmontée par des verres blancs. Des trois lignes lumineuses
aménagées dans le choeur, seule la plus visible au centre est entièrement pourvue de vitraux, une
composition abstraite dessinée par Maurice Rocher et réalisés selon la technique traditionnelle. Les
deux autres comportent simplement quelques touches de couleurs au milieu des verres blancs. Les
vitraux disposés en façade principale sont quant à eux en dalle de verre. Au-dessus de la tribune, de
part et d’autre du poteau en béton se développe une composition sur le thème de la Résurrection où
se dégagent des formes géométriques rouges (triangles, rectangles) et jaunes (cercle évoquant sans
doute le soleil) d’où se dégage la Croix (également en rouge).
Un orgue est installé dans l’église en 2008, placé derrière l’autel et composé de deux parties distinctes
afin de laisser le vitrail central du choeur. Ses formes arquées doivent s’accorder avec celles de l’église,
mais sa position centrale et sa taille imposante s’avèrent gênantes dans la perception des effets
produits par l’architecture à l’endroit le plus sensible de la composition.
Parmi les éléments de dinanderie, l’autel semble avoir été quelque peu modifié, même si son dessin
actuel est très proche de celui d’origine (un agneau pascal sculpté en devant d’autel, oiseaux et
poissons sur les autres côtés). Le baptistère comporte une simple croix et est placé sur un support à
roulettes pour le rendre mobile.
Le presbytère, construit en 1972, ne présente quant à lui pas d’intérêt particulier."