Description historique
"La piscine a été construite dans le quartier populaire du « Tréleau » dont l'activité a toujours été en rapport avec l'eau : moulins, lavoirs... Mal‐aimé et délaissé jusqu'au XXe siècle, le quartier est choisi par la municipalité en 1935 pour son rapport immédiat avec le Blavet et son accès facile. La décision de sa construction a été prise en 1935, elle n'est donc pas motivée par la généralisation des congés payés en 1936. « Si ce lieu n'a pas directement été inspiré par le Front populaire, il correspond à l'idéal de 1936 : étendre la pratique sportive au plus grand nombre », considère Philippe Bonnet. Éloignés d'une soixantaine de kilomètres des premières plages (Vannes ou Lorient) les pontivyens avaient pris l'habitude de se baigner directement dans la rivière, posant des problèmes d'hygiène, de sécurité et de décence. La création de la plage municipale des familles est également l'opportunité d'améliorer l'économie locale en relançant l'emploi. La visée est également pédagogique, au delà de la création d'un espace de détente, la municipalité souhaite développer la pratique de la natation.
« Une des plus importantes mesures pratiques prises par la municipalité Frotté, au début de son existence, est la construction, sur les bords du Blavet, toujours utilisé comme canal vers Lorient par de nombreuses péniches, d'une plage municipale fort appréciée des habitants qui n'ont pas encore tous la possibilité de se rendre à la mer. »
Charles Floquet, in Pontivy au cours des siècles, Jeanne Laffitte éditeur, 1979, p.184
Les travaux commencent en 1937, sous la direction de MM. Le Cadre et Lecourt. Très vite, M. Le Cadre reprend à sa seule charge les rênes du chantier, M. Lecourt n'y ayant jamais mis les pieds ni transmis aucune pièce technique quant à sa réalisation.
La plage municipale des familles est inaugurée en 1938, on peut encore voir la plaque d'inauguration sur la rotonde :
« La Plage municipale des Familles créée pour le Sport et les Loisirs a été inaugurée le dimanche 30 octobre 1938 par M. de CHAPPEDELAINE, Ministre de la Marine Marchande, député des Côtes du Nord,
M. Eugène FROTTÉ étant maire,
M. Joseph LE CALVÉ, Léon HÉNO, Marcel AUBÉ, adjoints. »
Il faut cependant attendre 1939 pour profiter pleinement des équipements : les jeux, tables et le grand bassin « moderne ». Même le maire, Eugène Frotté, vient y piquer quelques têtes. 5
Le plaisir est de courte durée : en juin 1940, les Allemands arrivent. Après‐guerre, l'infrastructure est un peu oubliée, jusqu'aux années 1970.
En 1973, jugée insalubre et en mauvais état par les services d'hygiène, la plage des familles est fermée. La mairie entreprend alors des travaux de remises aux normes et d’assainissement du site et des bassins : la rotonde est fermée pour y aménager un bureau, des douches extérieures sont ajoutées de part et d’autre de la rotonde, les bassins circulaires disparaissent au profit d’un pédiluve, les deux grands bassins de nage sont regroupés en un seul de 50x15m, le local technique destiné à l’assainissement de l’eau est crée au bout du bassin, face au pavillon du gardien, le tracé des allées et modifié, une passerelle est également ajoutée pour joindre les deux rives du Blavet. Cette rénovation conduit à la réouverture de la plage des familles en 1982.
Dans les années 1980, le petit bureau au premier étage du bâtiment d'entrée accueillait une auberge de jeunesse. Les installations rudimentaires et le manque de place ont amené à la construction d'une nouvelle auberge sur l'îlot des Récollets, où elle se trouve encore. Depuis les années 1980 et jusqu'en 2012, la plage des familles est gérée par la Communauté de Communes. Cette dernière ayant des difficultés à l'entretenir, la municipalité de Pontivy en récupère la gestion en 2012.
La plage reste un lieu de sortie familiale. « L'un des derniers où l'on retrouve encore de la mixité sociale », assure Éric Seguet, fondateur d'une association de sauvegarde de la plage municipale. Chaque été, plus de 15 000 personnes s'y pressent. Pourtant, la plage a bien failli fermer en 2014 : l'équipement était jugé trop coûteux au vu de ce qu'il rapportait. Mais face au tollé suscité dans la population, la décision a été prise de le garder ouvert. « Tous les Pontivyens y ont des souvenirs », confiait Michel Jarnigon, adjoint aux Sports. La mairie y mène donc, au fur et à mesure, des travaux afin de garder ce lieu ouvert et accessible au public."