Commentaire descriptif de l'édifice
La résidence Lamartine est située à l’ouest du centre-ville de Tours, à quelques encâblures de la commune voisine de La Riche. Son environnement immédiat est assez hétérogène, associant des équipements publics (hôpital, groupe scolaire), des ensembles de logements collectifs et des maisons de ville, d’échelle assez basse. L’ensemble se présente comme un groupe de huit immeubles de 6 étages, reliés entre eux par des arches, et partageant un sous-sol commun à usage de parking souterrain. Le programme est conçu suivant un tracé harmonique perceptible à travers la multiplication des axes de symétrie, et la géométrie régulière du dallage de la cour centrale. Chaque immeuble abrite une trentaine de logements ; le plan de chaque plot est celui d’un quadrilatère augmenté de multiples excroissances, l’une d’entre elles venant, par une demi-arche, s’adosser à l’immeuble voisin. Chaque palier possède 6 logements, desservis par une cage d’escalier et un ascenseur. Les cinquièmes étages n’en comptent que 3, organisés en duplex, tandis que les rez-de-chaussée n’en comptent que 5, à l’exception du bâtiment D qui accueille la loge et l’appartement du gardien, ainsi qu’une salle commune. Les appartements comptent d’une à cinq pièces, les typologies les plus vastes étant regroupées dans les étages supérieurs. Chaque logement possède une terrasse et/ou un balcon, ainsi qu’un séchoir dans la plupart des cas. Dans les appartements en duplex, une cloison extensible permet la réunion de la cuisine et du séjour selon le choix de l’occupant. Une attention particulière a été portée par les architectes à la prise en compte des dispositions pour les personnes à mobilité réduite : les angles saillants des murs sont adoucis par des courbes, facilitant la giration des fauteuils roulants. Chaque logement dispose en outre d’une chaudière individuelle pour favoriser les économies d’énergie. Les immeubles sont construits suivant un procédé de préfabrication lourde pour les panneaux de façade : destinés à s’apparenter, par leur grain et leur couleur, au tuffeau caractéristique de la Touraine, ils sont réalisés en pierre de synthèse constituée de calcaire dur concassé, de sable clair et de ciment fin. La finition est obtenue par lavage à l’acide. Ce procédé coûteux, mais rentabilisé par l’importance du programme, permet d’inclure dans le moule la modénature des ébrasements des baies, ou encore celle des corniches. Un même cadre préfabriqué peut également recevoir une menuiserie et former une façade d’appartement, ou être laissé vide et constituer un élément architectonique en terrasse. Les toitures, qui multiplient les jeux de pignons, sont en ardoise d’Angers sur une charpente en bois. L’aspect général de la résidence Lamartine s’inscrit dans le courant post-moderne qui bat son plein au cours des années 1980, porté par des figures médiatiques telles que l’architecte catalan Ricardo Bofill. Le positionnement en sous-sol de l’essentiel du stationnement automobile libère une vaste agora minérale, la dalle étant ponctuée de quelques espaces jardinés. Cet espace monumental est accessible depuis l’espace public par les porches pratiqués sous les jonctions des immeubles. L’entrée du parking souterrain, à l’ouest, est soulignée par un portique en béton armé formant un hémicycle terminant la composition de l’agora. Le creusement des façades par des galeries, et la variété des reliefs provoqués par les corniches et les balcons en quart-de-cercle, confèrent à la résidence Lamartine une richesse plastique évoquant les formes architecturales séculaires du Vieux-Tours.