Commentaire descriptif de l'édifice
L’ensemble immobilier réalisé pour l’EFAB par Henri Vidal et Yves Bayard en 1985 se compose de trois bâtiments de forme pyramidale reliés par une galerie de liaison et d’exposition, et entourés, au sud-ouest, par un plan d’eau peu profond appelé « douves » par les architectes. Chaque bâtiment est constitué de trois blocs de plan sensiblement carré se recouvrant les uns les autres. Chaque bloc est ensuite percé, en son centre, d’un patio accessible ou d’un puits de lumière coiffé d’un pyramidion en verre. Les bâtiments sont développés sur trois niveaux, les façades des deux niveaux d’étages étant inclinées à 45 degrés. Seul l’ancien bâtiment d’études, demeurant propriété de Nexter et ne faisant pas partie du périmètre labellisé Architecture contemporaine remarquable, possède des façades en pyramide inversée où la saillie des étages forme un porte-à-faux au-dessus des douves. L’ensemble du site s’inscrit en bordure de la route de Guerry (déplacée pour permette le creusement du plan d’eau) au milieu du très vaste complexe militaro-industriel s’étendant au sud-est de Bourges. L’accès au site s’effectue, à l’ouest, par une vaste esplanade carrée de 3 000 m² reliant les pyramides à la route de Guerry. Aménagée en parvis paysagé après la prise de possession des locaux par le conseil départemental du Cher, cette esplanade était initialement un simple terre-plein pouvant servir à des cérémonies protocolaires, l’espace étant baptisé « place d’armes » sur les plans d’architecte. Un pont passant audessus des douves mène à la cour d’honneur, située entre les bâtiments de production, au nord, et de direction, au sud. Elle aussi réaménagée par un jeu de rampes, d’emmarchements et de plantations, cette cour ouvre sur la galerie permettant l’accueil du public et la distribution des différents bâtiments. Le bâtiment de production est formé de volumes de plans carrés, imbriqués et partiellement évidés. Le niveau du rez-de-chaussée forme un socle partiellement enfoui, au nord, dans les mouvements du terrain et est, au sud, en contact avec les douves : seulement éclairé par des fenêtres hautes, ce vaste espace à usage d’atelier était, à l’origine, dévolu à la conservation des archives, facilitée par l’absence de murs de refend. Le volume au nord-est accueille quant à lui une salle de conférences de 160 places, développée sur les trois niveaux du bâtiment. Cet espace de réception, resté conforme à son aménagement d’origine, est monumentalisé par le traitement ondulatoire du faux-plafond. Le premier étage du bâtiment de production est affecté à des bureaux cloisonnés. Deux patios plantés, surmontant les locaux d’archives du rezde – chaussée, apportent un éclairage direct aux bureaux situés en cœur d’œuvre. Le troisième niveau reprend la même organisation mais sur une profondeur plus mince en raison de l’inclinaison des façades. Celles-ci, conçues par l’entreprise Bel, sont constituées de sept bandes de vitrage de type Parelio émaillé, posées sur une ossature en acier inclinée à 45 degrés. Les plans verticaux des façades ouvrant sur les patios et sur le jardin entourant la galerie sont quant à eux percés de baies en losange composant des motifs géométrisés. Le bâtiment de direction, au sud du complexe, reprend la même organisation d’ensemble que celui de production. Le rez-de-chaussée est cette fois, à l’origine, partagé entre des salles d’ordinateurs, côté galerie de liaison, et des bureaux, côté douves. Un patio planté ponctue le centre du volume situé le plus à l’ouest, tandis que les deux autres sont percés de puits de lumière, celui du volume le plus à l’est recouvrant un escalier d’honneur à double volée. Les façades intérieures et extérieures sont identiques à celle du bâtiment de production.