Commentaire descriptif de l'édifice
Implantée le long d’un axe structurant, à la lisière sud de Suippes, la piscine est conçue comme un appel visuel destiné à requalifier l’entrée sud de la commune. Elle s’insère comme un objet autonome au centre d’un parc verdoyant et planté aménagé en 1994 sur les plans du paysagiste Christian Prieux. “D’une architecture résolument moderne, alliant bois et vitrage, l’ouvrage se veut un signal à l’entrée de la ville, une sorte de réponse au silo qu’il jouxtera.” L’équipement possède une volumétrie compacte et expressive déterminée par les choix structurels audacieux de Robert de Busni. Deux arcs extérieurs massifs en lamellé-collé d’une hauteur de 17,39 m émergent du parc et soutiennent l’ensemble de la couverture. Le volume de la piscine s' inscrit dans un plan carré parfait de 36 m de côté, les arcs et leurs culées massives en béton s’implantent le long des diagonales de ce carré. Au centre des diagonales, le volume de la piscine est coiffé d’un dôme soulignant la composition géométrique rigoureuse de l’édifice. Les élévations résument le parti-pris architectural de l’architecte : aucun élément ne vient perturber la lecture des arcs en lamellé-collé. La couverture suspendue en bac acier forme plus des deux tiers des élévations et vient s’asseoir sur une maçonnerie continue d’agglos. Deux petits volumes en saillie ponctuent cette rigueur. Au nord, l’entrée principale de l’édifice est marquée par un balcon central hémicylindrique abritant, au rez-de-chaussée le SAS d’entrée desservant le hall d’accueil, et permettant d’accéder à l’étage à la grande salle de réunion devenue salle de sport. L’entrée monumentale est également soulignée par une verrière à deux pans soulignant l’axe de symétrie de la composition. Au sud, avant-corps central pyramidal entièrement constitué de verrières abrite l’espace solarium et pataugeoire. A l’intérieur, le plan témoigne d’une grande rationalité : les espaces techniques sont regroupés au nord sur deux niveaux pour que l’espace dédié aux bassins en double hauteur s’ouvre au sud sur le parc visible depuis de larges baies vitrées. Un axe de symétrie nord-sud permet ensuite d’organiser le plan. Au rez-de-chaussée, les locaux du personnel s’inscrivent au centre le long de cet axe et sont flanqués à l’est par les vestiaires hommes et à l’est par les vestiaires femmes. En périphérie s’implantent les bureaux et les locaux techniques (rangement, infirmerie, traitement d’eau, locaux chauffage) également accessibles depuis l’extérieur. L’étage quant à lui regroupe un logement de fonction (dont la réaffectation est en cours d’étude), une salle de sport avec vestiaires, une salle anniversaire, un espace hammam, et sous le dôme les gradins qui permettent d’admirer le bassin principal de 25 x 12,5 m. L’espace abritant les trois bassins (grand bassin, pataugeoire et toboggan) permet d’appréhender les qualités structurelles de l’édifice. L’ensemble de la charpente suspendue aux arcs extérieurs en lamellé collé est visible. Elle est réalisée en pin sylvestre et conserve ses couleurs d’origine et permet de lire la reprise des forces depuis le dôme central jusqu’au arbalétriers intérieurs longeant les façades. D’une grande légèreté, elle s’oppose au massif maçonné de briques silico abritant au nord l’ensemble des espaces techniques. La charpente suspendue permet également de travailler des façades non porteuses en murs-rideaux ouverts et vitrés. Ainsi, la lumière inonde l’espace des bassins grâce au dôme central en polycarbonate et aux châssis aluminium continus. Depuis la création de l’édifice, plusieurs phases de rénovation ont eu lieu. Plusieurs audits énergétiques ont également été réalisés et traduisent la volonté de la Communauté de Communes à s’engager fortement dans la nécessaire transition énergétique de son patrimoine en intégrant des énergies renouvelables.