État de conservation
L’équipe lauréate du concours d’octobre 1986 est composée de l’architecte mulhousien Éric Morin et de l’architecte Denis-Hugues Lapprand basé, quant à lui, à Besançon. Le demande de permis de construire date du 10 mars 1988 et le chantier démarre le 15 septembre 1988. Dès les années 1990, le complexe accueille les premiers utilisateurs, les tribunes comptent 320 places et la surface d’évolution sportive est de 968 m². « L’ensemble est constitué principalement de deux volumétries longilignes prédominantes. Elles abritent respectivement les deux grandes salles (salle de gymnastique et gymnase) pour l’une, et les vestiaires et salle d’entraînement pour l’autre. » (Éric Morin et Denis-Hugues Lapprand, Construction d’un complexe sportif couvert à Audincourt, note de présentation, page 1, arch. Pays de Montbéliard, 571 W 1). En plan, les deux gabarits principaux sont séparés par un hall de forme triangulaire destiné à déambuler entre les différentes salles. L’avant-corps curviligne du bâtiment, abritant les vestiaires au rez-de-chaussée et les salles d’entraînement à l’étage, valorise la lisibilité dynamique de l’ensemble du bâtiment depuis l’entrée du public. À l’intérieur, les liaisons de l’édifice au terrain, par leur diversification formelles sans dissonances, engendrent une succession d’espaces facilement appropriables par les usagers. Ces deux corps du bâtiment qui composent le COSEC sont adjacents et reliés entre eux par les halls et les circulations, véritable « espace » de liaison, qui s’ouvrent largement vers la voirie d’accès grâce à une esplanade d’entrée. Cet espace de liaison comprend toutes les distributions sans aucune concession au fonctionnement entre les circulations verticales et transversales entre les vestiaires et les différentes salles. Depuis l’extérieur, une résille et un bardage métallique bleu dissocient de manière formelle les accès des sportifs et ceux du public. Une colonnade délimite un espace couvert extérieur en préservant l’intimité des espaces intérieurs destinés aux vestiaires principalement. Des sheds coqués servent de capteurs directionnels à la lumière zénithale venant du nord. Ils apportent, dans les salles de sport, un éclairage diffus de grande qualité, dans les parties éloignées des ouvertures lumineuses en façades. Le complexe sportif Jean – Michel Curie d’Audincourt est inséré dans une zone d’activités avec un tissu bâti de petits bâtiments d’entreprises ou de pavillons individuels assez bas. La rue Girardot est assez étroite et des plantations ont été installées sur les bas-côtés. L’environnement urbain construit est atténué par la présence de boisements situés à l’est de la ville, dont les cimes émergent au-dessus des volumes bâtis. La couleur bleue-roi, utilisée sur les bardages jusqu’à ses plus hautes extrémités, se mêle à l’horizon les jours de ciel dégagé et fonctionne par contraste avec le végétal. Très visible, l’architecture se démarque en écho à la fonction sportive, marginale dans la rue. Le choix colorimétrique a été poussé jusqu’au bout de telle sorte que la clôture d’enceinte est, elle-aussi, de couleur bleue. La présence végétale aux abords du bâtiment est assurée par des arbres tiges aux essences mélangées de conifères et de feuillus. Malgré l’abattage récent de l’alignement d’arbre qui bordait le bâtiment le long de la rue René Girardot, la végétation reste assez présente sur les abords mais n’obère pas la vue sur l’édifice depuis le côté nord.