Commentaire descriptif de l'édifice
Située sur un îlot bordé par les rues de la Résistance, Carnot, Général-Hoche et Anatole-France, la salle Jacques-Brel est implantée au cœur du centre-ville de Faches-Thumesnil. Voisinant deux écoles primaire et maternelle, elle s’inscrit dans un tissu urbain émaillé d’équipements publics, de commerces, et de logements. De forme circulaire, l’édifice ne manque pas d’être remarqué par les passants. Il s’agit en effet d’un bâtiment de grande envergure à l’échelle de la ville : d’une superficie de 2 680 m², sa rotondité tranche avec les alignements de maisons de ville alentours. La salle des fêtes comporte deux niveaux sur un sous-sol, élevés en maçonnerie de briques, dalle de béton et charpente métallique. En façade, si le premier niveau en briques présente une grande opacité – il est uniquement percé d’ouvertures carrées ménagées sur les flancs est et ouest – le second niveau est quant à lui vitré de manière continue sur la moitié haute. L’ensemble du bâtiment est ceint de 20 portiques métalliques au profil évasé (autrefois peints en vert) assemblés sur une couronne centrale formant le toit aux pans à faible pente, lui donnant cette allure si caractéristique de halle circulaire. Cette structure métallique permet de dégager la salle de toute structure porteuse, comme l’indique l’architecte : « L’ensemble salle-scène, formant une unité que n’interrompt aucun incident architectural, a pu être obtenu par la conception même de l’ouvrage comportant vingt demi-portiques acier supportant la couverture en panneaux Stramit revêtue d’une étanchéité multicouche. » Au niveau de l’entrée côté sud, cinq portes précédées de quelques marches permettent l’accès à la salle, protégées des intempéries par une casquette métallique. Côté nord, la rotonde présente une excroissance occupant un tiers de la façade du rez-de-chaussée, correspondant à l’arrière de la scène, éclairé par des fenêtres en bandeaux aujourd’hui occultées et ponctué par la cheminée de la chaufferie. Le mélange des matériaux en façade est singulier : les portiques métalliques expriment la préfabrication, l’architecture industrielle, les carreaux en pâte de verre de l’entrée présentent un aspect décoratif et l’appareillage de brique offre quant à lui une concession à l’architecture régionale. A l’intérieur, les espaces se divisent de manière concentrique : l’accueil et les pièces annexes se répartissent dans une couronne ceinturant la salle de spectacle au centre. Au niveau de l’entrée, le hall d’accueil reçoit deux escaliers desservant l’étage ; ils sont disposés de part et d’autre des portes d’entrée, contre la façade. Cet espace conserve encore son carrelage d’origine à petits carreaux noirs et blancs ainsi que les marches en granito et les ferronneries des escaliers dont le dessin rappelle celui des portiques métalliques extérieurs. A l’époque de la construction, ce hall est encadré par le bar (à droite) et les vestiaires (à gauche). Ces espaces sont désormais inversés et décloisonnés. Au centre de la couronne sont aménagés les sanitaires (hommes à l’ouest et femmes à l’est), accessibles directement depuis la salle. L’extrémité nord du bâtiment est quant à elle occupée par l’office, un dépôt, des bureaux et des ateliers pouvant servir de loges. Ces espaces, légèrement surélevés, sont desservis par une rampe accessible depuis les sorties de secours et menant jusqu’au fond de scène (aujourd’hui condamné), permettant le transport du matériel scénique. La salle circulaire occupe quant à elle le centre du bâtiment. Gaston Doisy écrit à ce sujet : « Il a été conçu dans l’esprit du théâtre antique, la forme circulaire de la salle proprement dite permet une vision parfaite à toutes les places, ainsi qu’une acoustique excellente. Cette salle peut recevoir 1092 personnes assises au rez-de-chaussée, et 200 personnes debout dans la galerie. Sa conception permet de réaliser dans son enceinte, un grand nombre d’activités, parmi lesquelles : théâtre, cinéma, bal, congrès, conférences, représentations chorégraphiques, certaines manifestations sportives, concerts, etc. La salle et la scène sont réunies sous un même volume ; la scène légèrement surélevée ne comporte ni rideau de scène, ni rampe, seuls deux écrans masquent une partie du fond de la scène, cette disposition permet de n’utiliser que des décors simples ou stylisés dont les changements se font à vue. » Le plafond de la salle, constitué par la charpente métallique revêtue de staff peint, a conservé le caractère monumental que lui confère le rayonnement et la profondeur des innombrables poutres convergeant vers le centre. Enfin, à l’origine, les murs étaient lambrissés de bois et le plancher en béton recouvert de parquet, apportant chaleur et qualité acoustique à l’ensemble. À l’étage, les espaces suivent la même division qu’au rez-de-chaussée, formant un anneau autour du vide central de la salle. Côté sud, les spectateurs pouvaient accéder au foyer depuis les escaliers du hall, débouchant à l’ouest sur la bibliothèque et à l’est sur une salle de réunions. Un garde-corps donnant sur la salle permettait au public d’assister aux évènements depuis cette mezzanine sur 360 degrés. Au nord, l’espace de circulation reprend le tracé de la rampe du rez-de-chaussée et donne sur le toit-terrasse aménagé au-dessus des loges. Ce niveau, largement éclairé par les bandeaux vitrés ceinturant l’édifice, est inoccupé depuis la réhabilitation de 2003-2005 ayant abouti au cloisonnement de la galerie. Un niveau de sous-sol (sous la scène et les loges), abrite les espaces de stockage et la chaufferie (aujourd’hui en partie reconvertis en cuisines). Enfin, un logement de concierge était aménagé sur deux niveaux : les pièces de vie au sous-sol et les chambres au rez-de-chaussée. Cet espace a été décloisonné et converti en lieu de stockage.