Description historique
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le quartier de Fléchambault – situé au sud-ouest du centre historique de Reims le long de la rivière de la Vesle et du canal de la Marne à l’Aisne – est un faubourg en plein développement qui connaît une industrialisation rapide. En effet, de nombreuses industries textiles s’y implantent car Reims possède une grande tradition lainière spécialisée dans la transformation de la laine de moutons mérinos parcourant les pacages de la Champagne. Au début du second empire, une usine d’apprêts des étoffes et de teinturerie s’installe à l’intersection de la Vesle, de l’écluse du canal et de la route commerciale reliant le centre de Reims au faubourg de Fléchambault. Gérée par différents entrepreneurs, l’édifice connaît plusieurs étapes de construction. Le vestige le plus ancien reste la cheminée de brique construite en 1881 par l’entrepreneur et constructeur rémois Staquet. Au XXe siècle, l’usine passe aux mains d’une famille puissante : les Machuel et Néouze et de nombreux remaniements sont apportés à partir des années 40 par l’architecte des Machuel, Jean Faure, un architecte rémois. En 1969, la production est reprise par la société de tissage Warnier et David. À la même époque, la désindustrialisation du secteur textile débute en Champagne-Ardenne, et particulièrement à Reims. L’usine est progressivement désaffectée entre 1975 et 1985, et l’entreprise Warnier-David est déclarée en liquidation judiciaire en 1989. La ville de Reims y entrevoit très rapidement l’opportunité de créer un espace public de qualité. Ce secteur, situé le long des quais de la Vesle, est destiné à devenir un espace vert urbain selon le PLU et les projets urbanistiques de la ville. Le conseil municipal se positionne dès le 29 mars 1972 en faveur de l’acquisition d’un premier terrain de 1109 m². La ville engage ensuite des travaux de démolition jugeant certains ateliers et cheminées trop vétustes (bâtiments les plus anciens à cheval sur la Vesle et usine mitoyenne). La crise économique, les dernières mobilisations ouvrières et la destruction progressive des usines dans le paysage rémois favorise une mobilisation rapide des élus pour préserver le patrimoine industriel textile de la ville. En 1976, devant la démolition annoncée par l’industriel de l’ancienne cheminée de briques, la ville envisage de l’acquérir et de la restaurer. Elle consulte différentes associations savantes locales et acquiert ce vestige. La ville de Reims poursuit ensuite son ambition de conservation et le conseil municipal délibère le 23 octobre 1989 en faveur de l’acquisition des locaux subsistants de l’ancienne usine Machuel qui étaient jusqu’alors loués à la Société Warnier David. Un projet de reconversion est déjà évoqué : la création d’un équipement collectif. À cette époque, l’extension réalisée par Jean Faure a déjà été démolie, il ne persiste que les deux grandes halles datant du début du XXe siècle. Les édifices subsistants (14 000 m²) sont totalement réhabilités par l’agence rémoise Jean Michel Jaquet pour accueillir le club historique d’aviron des Régates Rémoises et une école circassienne entre 1991 et 1993.