Description historique
Dans les années 1930 la Ville de Montpellier envisage la construction d’un groupe scolaire dans le quartier des Aubes, qui se développe rapidement. En 1934, un vaste terrain de 4000 m² est acheté boulevard des Sports et on y fait planter des arbres aux emplacements des futures cours. En 1937, l’architecte de la Ville, Marcel Bernard, établit les plans, pour une école de garçons de trois classes, de filles de trois classes, un école maternelle de deux classes. Plusieurs annexes sont prévues : réfectoire et cuisine commune, préau, cabinets des directeurs, classe pour les travaux manuels, abri pour les vélos. Sont prévus également les logements des enseignants et une conciergerie, ainsi que des bains-douches avec vestiaires. Le devis s’élève à 2 320 000 francs. Le projet est approuvé par la commission préalable des constructions scolaires la même année. Le projet n’a pas abouti avant-guerre mais est relancé en 1941, en demandant une simplification des plans, sans plus de succès. En 1947, la création de l’école sur ce terrain se fait par l’installation de 5 baraques complètes (30x12 m, métalliques ou en bois?), avec accessoires électriques et hygiéniques. Elle proviennent du camp américain de Calas dans les Bouches-du-Rhône, achetées à la « Société Nationale de vente des surplus alliés ». Chaque baraquement abrite une classe avec un préau-vestiaire. Un autre baraquement comprend les deux bureaux de direction et deux salles servant pour la classe supplémentaire et les travaux ménagers. Un quatrième abrite trois chambres avec une salle commune, des sanitaires et un dépôt à charbon. En 1950, la Ville renvoie pour avis le projet d’avant-guerre à l’ingénieur des Travaux Publics, qui donne un avis favorable, vu l’urgence du projet. Il semble qu’il l’ait approuvé grâce « à la rapidité de construction et du prix de revient particulièrement bas […]Il faut prévoir que ce groupe soit construit dans un matériau spécial, pour faire un groupe pilote ». (Pourtant, le même rapport critique les écoles prototypes de Saint-Clément-de-Rivière (Hérault, construite en 1950 par Eugène Beaudouin) et les écoles de Marseille (écoles en série de René Egger). Marcel Bernard présente des plans définitifs datés de 1953, prenant en compte la trame de 1,75 m de la circulaire de 1952. Ils sont simplifiés par rapport au projet de 1937 ; l’architecte abandonne notamment le grand pavillon central de l’école primaire pour deux petits porches, installe les deux ailes en bordure de terrain, avec le bâtiment des logements en bout d’aile. Dès 1957, la Ville projette d’agrandir l’école, celle construite sur les prévisions de 1937 s’avérant insuffisante. L’école des filles doit occuper la totalité des locaux pour construire une école de garçons de 5 classes sur le terrain contigu à l’école, exproprié par la Ville (plans de Marcel Bernard de 1957, mais projet non réalisé). Une extension de l’école maternelle a été faite derrière l’immeuble de logements et une cantine occupe au nord-ouest une partie du terrain. Le premier étage fait donc partie aujourd’hui de cette annexe ; les deux derniers étages de logements sont toujours utilisés. Marcel Bernard est l’auteur de trois autres écoles dans la même période : on peut parler de série avec l’école de la Cité Mion (aujourd’hui Jacques-Brel-Simone-Signoret impasse des Marmousets), école Berthe – Morisot boulevard d’Assas, groupe scolaire Langevin-Goethe à la cité Astruc avenue de Lodève. Il utilise les mêmes principes constructifs (éléments de façade, distribution, matériaux) mais adapte les plans aux terrains. Il faut aussi signaler d’autres bâtiments publics, comme la cité Astruc elle-même et la cité universitaire Boutonnet construits sur le même modèle. Marcel Bernard est également l’auteur de l’école de chimie, du kioque Bosc à Montpellier et de la cité universitaire des Arceaux (tous trois Label ACR). Il a construit l’école maternelle de Saint-Just et le groupe scolaire intercommunal des Garrigues à Mauguio.