Description historique
L’architecte du département, Max Raphel (1863-1943), avait été chargé en 1913 d’élaborer un projet d’école à construire sur un terrain que devait acquérir la Ville ; elle n’avait en effet pas d’école digne de ce nom et ne réglait les problèmes d’ouverture de classes nouvelles qu’au coup par coup, par des installations toujours précaires. Ce premier projet n’a pas abouti. A la fin des années 1920, la municipalité de Villeneuve prend la décision de construire un nouveau groupe scolaire, à cause de la vétusté et du manque de places disponibles qui s’accentue. En effet, un service de bus régulier ayant été mis en place entre Villeneuve et Avignon, la ville est devenue une banlieue d’Avignon et de nombreux ouvriers, employés et fonctionnaires viennent y loger. Entre 1925 et 1930, le nombre d’enfants scolarisés est passé de 170 à 294 et de nombreux enfants sont obligés de faire leur scolarité à Avignon, faute de place. De plus, l’Institution privée Sancta Maria, ouverte en 1920, faisait une rude concurrence à l’école laïque, grâce à ses petits effectifs et pouvait se vanter d’une grande réussite aux divers examens. La volonté du maire de l’époque, Charles Deshommes, était donc d’affirmer la présence de l’école laïque dans sa ville. Quelques années plus tard, la construction du groupe scolaire Jules-Ferry aux Angles (1931-1941), commune limitrophe, vient renforcer l’offre laïque d’éducation. Le projet présenté en 1930 par Paul Chabert, un architecte nîmois, comprend un groupe scolaire pour les garçons et les filles, avec 5 classes par école et 5 logements. Deux classes supplémentaires, une de dessin et l’autre pour l’enseignement ménager, sont prévues à titre provisoire, comme futures salles de classe. Louis Pierredon, architecte à Alès, est chargé de donner un avis sur le projet et fait quelques observations sur les circulations et la taille des classes et des vestiaires. En l’absence de plans définitifs, il n’est pas possible de savoir si l’architecte en a tenu compte. Les plans sont approuvés par le préfet du Gard puis le Ministère de l’Instruction publique en 1933. L’école est ouverte pour la rentrée de 1936. La réception définitive a lieu le 30 juillet 1941. Des malfaçons de l’entreprise Martin pour les huisseries ont entraîné des retards puis un procès. Le groupe scolaire Montolivet est représentatif de ces écoles conçues encore comme des monuments publics, à la fois classiques et modernes, où la monumentalité est marquante par l’ampleur de la façade et la hauteur du pavillon central signalant le bâtiment dans la ville. On peut d’ailleurs penser que l’architecte a eu la volonté d’ajouter ainsi une tour laïque dans un paysage urbain où se signalent toujours celles des églises ou des livrées cardinalices construites au temps des papes. Les archives indiquent que des efforts considérables ont été faits pour le décor de l’école, dus à la volonté du maire d’avoir une école moderne, pourvue de tout le confort : les colonnes engagées de chaque entrée ont été faites en pierre de taille au lieu du ciment prévu à l’origine ; les portes d’entrée en bois ont été remplacées par celles en fer forgé. Le tout pour un dépassement de devis de 5 000 francs. L’horloge moderne fait également partie de ces dépenses somptuaires (mouvement électrique ultra moderne, chiffres massifs, plaque et angles en bronze). Cependant, le projet de deux médaillons sculptés de Jules Ferry et Paul Bert ont été abandonnés comme trop onéreux. Par ailleurs le groupe scolaire a bénéficié d’un ameublement entièrement neuf (l’ancien mobilier a été revendu à des communes alentour) mais aussi du renouvellement de tous les livres scolaires. Paul Chabert a exécuté de nombreux travaux communaux et particuliers : écoles, abattoirs, usine d’électricité de Nîmes en 1923, monuments aux morts (Caveirac, Bellegarde, Gallargues) ou commémoratifs (Montcalm à Vestric-et-Candiac et Québec). Il a de nombreuses fonctions officielles, comme président de sociétés mutualistes, d’expert auprès des tribunaux et du conseil de la préfecture depuis 1900 et membre de la commission des Beaux-Arts. Mobilier scolaire pour le réfectoire : chaises et tables Stella, de Labruguière (Tarn).