Commentaire descriptif de l'édifice
Le terrain choisi, légèrement en pente, se trouve très près du noyau historique du village, donc facilement accessible ; les voies de circulation autour desservent uniquement l’école, ce qui limite la circulation. Le bâtiment est orienté de telle sorte que les classes font face au sud-est, de façon « à ne pas recevoir le soleil des fins de journées chaudes » (devis descriptif). L’école des garçons forme un L avec le préau disposé orthogonalement à l’angle nord-est de l’aile des classes. Côté ouest une petite aile contenant le cabinet médical complète le U. Un jardin pédagogique et une aire de sports font partie des espaces extérieurs. L’école maternelle et sa rotonde sont disposées orthogonalement à celui-ci. Cette disposition départage nettement deux espaces de cours, à utiliser selon les saisons : celle du nord pour l’été et celle du sud pour l’hiver. L’entrée des maternelles se fait dans l’angle de la cour nord, ce qui offre un espace d’attente pratique aux parents. Elle dessert le bureau de la directrice, le couloir-vestiaire qui mène aux classes, à la salle de repos, de propreté et enfin à la rotonde qui sert de salle d’exercice. On peut accéder à la cour d’hiver (sud) par la rotonde. Des jeux sont prévus : balançoires, toboggan, pas de géant. Le bâtiment de l’école des garçons comprend deux entrées : celle de droite dessert le cabinet médical en face, et le couloir d’accès aux 4 classes. Une autre entrée se trouve à l’autre extrémité du couloir. L’atelier fait l’angle du bâtiment, avant le préau. Celui-ci possède un accès sur la rue, pour un usage post ou péri-scolaire. Il est d’ailleurs doté d’une cabine de projection. Sous le préau, grâce à la pente, se trouvent les garages. Les logements occupent les étages. Trois escaliers permettent d’y accéder, ce qui les rend relativement indépendants. Le premier est dans l’angle de la cour de la maternelle, de forme circulaire, en demi hors-œuvre. Trois grandes baies verticales vitrées l’éclairent, il dessert uniquement l’appartement de la directrice de l’école maternelle (cuisine, séjour, 4 chambres, salle de bains, w.c.). Les deux autres cages d’escalier, carrées, sont également en hors-œuvre sur la façade. Cela permet à la fois de l’animer, de gagner de la place pour les appartements et de diminuer les nuisances sonores des circulations. Chaque escalier dessert deux appartements, plus une chambre pour un intérimaire, avec une salle d’eau (aujourd’hui rattachée au plus petit des deux appartements). Comme plus tard au cours complémentaire de Sigean, le décor a une grande importance dans le groupe scolaire. Le budget du 1 % (263 483 F) est largement utilisé. A Paul Manaut et Yvonne Gisclard-Cau, deux sculpteurs très familiers du 1 % scolaire dans la décennie suivante dans l’Aude, l’Hérault et l’Ariège, on commande un panneau de céramique de 8 m², destiné à l’entrée de la maternelle, sur le thème « Les poissons, les oiseaux, les insectes ». Il ne sera pas fait sous cette forme, mais sous celle de petits carreaux de céramique de couleur illustrés d’animaux, placés audessus des portemanteaux des maternelles. Il y en a une soixantaine en tout. Max Savy peint sur tout le mur de la salle d’exercice de la maternelle un panneau représentant étang et pêcheurs, paysans des Corbières avec la silhouette du Canigou. Il peint aussi des paysans entre les fenêtres de la rotonde. Hubert Yencesse fait une sculpture « Vigneron, pêcheur, saulnier », dans une pierre de Lens de 2,5x2 m apposée sur la façade sud. Elle est maintenant protégée par le petit pavillon d’accueil vitré en couleurs construit contre la façade de la maternelle. Pour l’école des garçons, Max Savy peint dans l’atelier une série de peintures qui se suivent sur deux murs, décrivant les douze travaux d’Hercule. L’architecte, pour le groupe scolaire de Sigean, met l’accent sur la distribution, simple, claire, fonctionnelle. Les cours des garçons et des maternelles sont nettement séparées. L’usage d’une cour d’hiver et d’une cour d’été pour les toutpetits est très innovante. L’architecture en rotonde est un thème récurrent des écoles maternelles (Puicheric en 1934, La Palme ou Capendu). Enfin la présence de la couleur comme agrément dans l’architecture est très présente (jeux des dallages de lino au sol dans les classes, peintures de Savy, céramiques de Gisclard-Cau). Les écoles de Bourély sont simples, mais soignées et l’attention aux détails pratiques et décoratifs en sont la caractéristique. Les fondations sont en béton, le soubassement de tout le bâtiment est en pierre locale (pierre marbrière de La Palme), murs, planchers, escaliers sont en béton. La charpente est métallique et le toit en tuiles rondes traditionnelles.