Intérêt de l'œuvre
Un des premiers équipements publics à Cergy, ici dans le quartier à l’ouest de celui de La Justice, qui reprend la géométrie appréciée par la jeune génération d’architectes du début des années 1970 et son goût pour la couleur en y apportant une nouvelle référence historicisante. Évocation de l’urbanité traditionnelle de la ville flamande, revisitée avec le sourire et la gaieté, voire une naïveté assumée, appropriée à l’enfance et au programme scolaire de l’école élémentaire. La préfiguration en quelque sorte du langage formel post-moderne qui va se généraliser dans le quartier voisin de Saint-Christophe au cours des années 1980. Une écriture architecturale reconnaissable mise au point par les architectes Martine et Philippe Deslandes, auteurs quelques mois plus tard du passage de l’Horloge au-dessus de la gare RER St-Christophe, et auparavant de la tour des jeunes mariés dans le quartier Préfecture. La précision des détails, le nuancier de couleurs original, la fausse simplicité qui règnent ici, pourraient rapidement disparaître et rendre l’ensemble banal, si une attention particulière n’était pas apportée dans les futures transformations, notamment les travaux de mise aux normes et d’isolation. Le groupe scolaire de La Belle Épine est publiée dès sa livraison en 1982 et introduit au sein de la ville nouvelle une échelle et un traitement bâti du groupe scolaire en accord avec l’ensemble pavillonnaire voisin. Cinq volumes de logements à étage sous couverture en bâtière émergent d’une nappe basse à patios. Le goût pour la couleur s’exprime grâce aux parements de briques, dont des surcuites, aux menuiseries originelles laquées rouge et aux conduites peintes des fluides accrochées en sous-face des plafonds de salles et circulations intérieures dont elles suivent les sinuosités. Malgré la perte de bandeaux vitrés originels en saillie, qu’il serait facile de restituer, l’écriture architecturale de Philippe et Martine Deslandes reste particulièrement sensible au travers, notamment, des effets de faille à verrières de couvertures, des percements carrés sur la pointe et des lucarnes vitrées. Le remarquable plan d’ensemble revisite le principe urbain du cœur d’îlot planté irrégulier, délimité ici par des courbes et contre-courbes libres et vitrées. La simplicité des matières, y compris le béton brut, la juxtaposition des formes géométriques élémentaires et la figure du hameau entendent s’adapter à l’enfance tout en inaugurant des détails dont les réalisations du quartier Saint-Christophe tiendront compte.