Commentaire descriptif de l'édifice
Le lycée s'étend sur les communes de Bavilliers et de Belfort, à la lisière de la ZUP des Résidences. Un quartier pavillonnaire le cerne au sud et à l'ouest. Le vaste parc public de la Douce le borde au nord. L'établissement est organisé à la manière d'un village, avec ses rues sans alignement, ses ilots et ses places, ses placettes, ses ruelles, et ses bâtiments tantôt conjoints, tantôt reliés, tantôt disjoints. Dans son concept initial, l'architecte l'a voulu résolument différent de son environnement et aussi résolument ouvert à ce quartier, afin que ses rues et places soient réellement habitées par les résidents. Conformément à ce parti très volontariste et réfléchi, dessiné dans les moindres détails de ses dissymétries, motifs d'ondes et dentelles, la diversité des formes, des hauteurs et des matériaux est à son comble, à la manière d'une vieille ville et dans l'esprit d'une architecture organique. Sur les murs on trouve : mélèze, châtaignier, cèdre, zinc, cuivre, pierre, béton banché, moellons de grès apparents, parpaings, briques, enduits. Carène, sheds, toits à deux versants, appentis, terrasse, aux charpentes traditionnelles, et en lamellé-collé ou aux fermes métalliques sont couverts en ciment amiante, tuiles, bac acier, bitume, tôles laquées. Spécialité de l'épouse de l'architecte, Simone Kroll, les couleurs les plus diverses cohabitent, de sorte que les 15 "maisons" indépendantes sont toutes distinctes les unes des autres. Les fenêtres font presque toujours l'objet de découpes irrégulières, souvent en redan. L'antithèse de la trame et de la préfabrication! Chaque bâtiment porte un nom de mois révolutionnaire : Messidor, Germinal, Fructidor, etc. A l'origine, aucune clôture n'entrave les libres déambulations, conformément à un dessein rêvant d'en faire un lieu public où se mêlent les usages. Ce sont d'ailleurs les mêmes architectes qui, dans un unique geste, construisent les bâtiments voisins : gymnase et maison de quartier. Aujourd'hui, une enceinte délimite et protège le lycée, qui dispose de 4 entrées pour les automobiles et d'une entrée piétonnière privée rue du bocage, non loin de 3 garages. La seule entrée et sortie pour les élèves se fait par la rue d'Alembert, entre l'infirmerie et les ateliers. Depuis sa place centrale baptisée place des Droits de l'Homme, trois rues rayonnent vers les entrées et desservent les différents espaces. L'une d'entre elles, vers l'est, entre la restauration et l'externat est, débouche sur la placette de la rue de Zaporojie et constituait initialement l'entrée principale du lycée. Une deuxième, vers le nord, entre les ateliers et l'externat nord, aboutit rue d'Alembert. Une troisième, vers l'ouest, entre les bâtiments d'administration et les ateliers de mécanique et d'électronique, conduit à une porte plus à l'ouest dans la rue d'Alembert. Cette « grand'place » est partiellement abritée par une verrière à la découpe souple et dansante, qui s'appuie à la façade du foyer et de l'externat nord, enjambe la rue vers l'est et offre ainsi l'abri d'un préau ondoyant. Conformément au projet très volontariste d'ouvrir le lycée sur le quartier, les logements de fonction (faits en pans de bois et béton armé) sont dispersés en périphérie du site.