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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineOuvrage Maginot des Aittes
Ouvrage Maginot des Aittes



Référence de la notice
ACR0001411
Nom de la base
Patrimoine architectural (Mérimée)
Producteur
Label Architecture contemporaine remarquable
Date de création de la notice
4 août 2020
Date de dernière modification de la notice
15 février 2022
Rédacteur de la notice
Garnier Jean-Pierre
Désignation de l'édifice
Titre courant
Ouvrage Maginot des Aittes
Producteur
Label Architecture contemporaine remarquable
Dénomination de l'édifice
architecture militaire ; ouvrage militaire ; ouvrage fortifié ; ouvrage Maginot
Localisation au moment de la protection ou de l'étude
Localisation
Provence-Alpes-Côte d'Azur ; Hautes-Alpes (05) ; Cervières
Historique de l'édifice
Siècle de campagne principale de construction
Siècle de campagne secondaire de construction
20e siècle
Année(s) de(s) campagne(s) de construction
1932 ; 1937
Auteur de l'édifice
Description historique
Sur la commune de Cervières, rive gauche de la Cerveyrette, à l’entrée de la vallée des Fonds, cet ouvrage est remarquable à plus d’un titre. Pour la ligne Maginot des Alpes, il est de taille moyenne. La MOM (Main d’œuvre militaire) commença les travaux en 1932, mais l’ouvrage ne fut réellement utilisable qu’en 1937. En juin 1940, le Lieutenant Renon y commandait les 92 hommes de la 75e DBAF (Demi brigade alpine de forteresse) qui en constituait l’équipage*. Entièrement creusé dans le roc, à la base de la montagne du Lasseron, l’ouvrage se composait, outre les éléments de vie tels que cuisine, magasin à vivres, infirmerie, etc., de trois blocs de combat, en plus du bloc d’entrée. Tous les blocs étaient reliés entre eux par un ensemble de galeries de circulation souvent de roche vive non bétonnée, représentant au total une longueur d’environ 300 m, la plus longue distance interne, entre le bloc d’entrée 1 et le bloc de combat 2, le plus éloigné, étant de 215 m. On accède aux blocs 2 et 3 par des échelles dans des puits verticaux, eux-mêmes situés au sommet d’escaliers d’une cinquantaine de marches chacun. L’armement prévu à l’origine se composait exclusivement d’armes automatiques légères : FM 24/29* et jumelages Reibel*. En pleine bataille, pour ainsi dire, on tenta de modifier le bloc 4 pour qu’il puisse accueillir une arme mixte : jumelage Reibel et/ou canon antichar de 25 m/m. Le travail ne put être mené à son terme avant la fin des hostilités. En pleine bataille ? Effectivement, l’ouvrage des Aittes, s’il n’est sans doute pas le seul, est sûrement l’un des rares Maginot du Briançonnais qui ouvrit le feu sur des objectifs ennemis. Il fit reculer les “fanti”* qui s’étaient aventurés dans la vallée des Fonds. L’ouvrage, ainsi que la caserne de paix construite à côté et aujourd’hui à demi effondrée, a été racheté par la commune de Cervières il y a quelques années. *équipage = c’est ainsi que l’on désignait la garnison, le personnel d’un ouvrage Maginot
*FM 24/29 = Fusil Mitrailleur modèle 1924, modifié 1929, calibre 7,5 m/m *jumelage Reibel = montage associant deux mitrailleuses, calibre 7,5 m/m tirant alternativement, ou au besoin simultanément *fanti = fantassins, en italien