Commentaire descriptif de l'édifice
Le sanatorium se compose d’un corps de bâtiment unique en béton armé constitué de 3 niveaux de soubassement (qui permettent de traiter la dénivellation du terrain) et 5 niveaux de chambres de malades ; chaque chambre étant exposée au sud et précédée d’un balcon de cure individuel. Cette disposition des balcons correspond au système dit « de Leysin », en référence aux établissements de cette station climatique du Valais. En France, elle fut utilisée dans la plupart des sanatoriums privés construits dans l’entre-deux-guerres (le premier du genre étant le sanatorium Belligneux, inauguré en 1912 à Hauteville, dans l’Ain). Cela permettait aux malades d’accéder directement depuis leur chambre © Direction des affaires culturelles Provence Alpes-Côte d’Azur – 1 au balcon de cure. Dans les sanatoriums publics, au contraire, les galeries étaient collectives et placées dans le parc de l’établissement ou à ses extrémités, de façon à faciliter la surveillance des malades. La façade est divisées en 22 travées, soit 22 chambres par étages. Une légère saillie, à peine perceptible en façade, permet de distinguer deux pavillons d’extrémité de 4 travées chacun. Le bâtiment, comme la plupart des sanatoriums, est de simple épaisseur, les chambres étant desservies par un couloir donnant sur la façade nord. Les circulations verticales se composent de 3 escaliers : un central donnant sur le hall principal du rez-de-chaussée et deux aux extrémités. Une courte aile nord, transversale, accueillait les services annexes, notamment médicaux. Les balcons de cure forment une trame orthogonale : les balcons ne sont pas en porte-à-faux mais repris par des poteaux en béton qui s’appuient sur des corbeaux monumentaux semblant porter la totalité des 5 niveaux de balcons. Les garde-corps forment un cadre en béton armé portant des profilés métalliques. L’établissement est construit dans un vaste parc paysager dont la partie sud, face aux chambres, était réservée aux malades (promenade et repos). Les aménagements des années 1950 (allées, massifs, équipements de loisirs) sont encore perceptibles. Le vaste espace situé à l’arrière de l’établissement faisait office de cour de service et vit après la Seconde Guerre mondiale la construction de plusieurs bâtiments réservés au logement du personnel. Ces bâtiments sont de qualité inégale mais présentent un caractère montagnard affirmé (soubassement en pierre, toiture à deux pans ou à pan unique de faible pente). Le bâtiment central, dont la façade est articulée par une série de redents en plan, est sans doute le plus intéressant par son architecture et son état original préservé. Le bâtiment, aujourd’hui rattaché à l’Hôpital de Briançon, a fait l’objet d’une réhabilitation lourde dans les années 2000 : la totalité des intérieurs a été profondément modifiée, ainsi que la façade nord ; la façade sud conserve ses caractéristiques d’origine, même si les menuiseries anciennes ont été depuis longtemps remplacées.