Commentaire descriptif de l'édifice
L’immeuble se compose de quatre cages d’escaliers distinctes, séparées par un joint de dilatation. Sur la rue Charras, les cages distribuent deux appartements par étages, appartements traversants avec les séjours donnant au sud sur la cour. C’est donc au nord que la façade urbaine va se situer. En rez-de-chaussée, le projet prévoit d’implanter des activités commerciales de pied d’immeuble alternant avec les halls d’entrée. Avant le retour sur la rue de Suez, une transparence ménage un accès au parc de stationnement situé en sous-sol ainsi qu’un accès de plain-pied avec la cour, elle aussi entièrement dédiée aux véhicules, donc très minérale. Sur la rue de Suez, la cage d’escalier, desservie par la cour, comporte six étages sur un rez-dechaussée surélevé par rapport à la rue et occupé par des petits logements. La façade sur la rue Charras reste la plus intéressante, verticale, haute et irrégulière pourtant composée sur des registres classiques d’embase, de plein corps et d’attique. La première lecture des plans de distribution montre une structure de voiles minces de béton dont les travées sont assez larges pour la période. D’où la nécessité de recouper les portées, en rive nord, par un faisceau de points d’appuis supplémentaires constitués de voiles minces d’un mètre de longueur environ. Cette bande structurelle détermine une nouvelle travéation, réglant le dessin de la façade Sur les plans, on voit bien que ces voiles segmentaires sont associés à des éléments en U, servant de placard et formant remplissage de la paroi. Les fenêtres ferment les intervalles encore libres et se situent à l’arrière-plan des voiles de l’ossature. Le dispositif de paroi épaisse laisse une certaine latitude de composition par déplacement de l’élément de remplissage. Les plans montrent encore que les voiles sont soulignés par des vitrages étroits qui renforcent l’épaisseur de la façade. Il en résulte u ne f açade verticale par la présence des voiles segmentaires, en creux par l’épaisseur des éléments de remplissages et libre par la variation d’implantation des placards de remplissage. Les vitrages étroits ne seront pas réalisés, les verticales seront assurées par la répétition du motif sur plusieurs étages, ouvrant ainsi à une composition en registres superposés. Au rez-de-chaussée, la structure apparaît sur deux étages comme pour un entresol, organisant les différents niveaux de la rue déclive. Au-dessus, apparaissent les verticales creusées du plein corps de façade terminées par des regroupements de fenêtres en retrait perturbant l’ordonnance générale de la façade. Le tout couronné par les têtes de voiles séparatifs de terrasses, francs, dessinant une ligne de ciel en dent-de-scie. Enfin l’élément d’angle, véritable borne tridimensionnelle, qui par un simple jeu de balcons en encorbellement successif conclut la façade de la rue Charras par un volume évasé formé de plans étagés et de voiles verticaux.