Commentaire descriptif de l'édifice
La gare est implantée à l’angle de l’avenue Paul-Vaillant-Couturier et de la rue Auguste – Blanqui. Le bâtiment, qui comprend un sous-sol, un rez-de-chaussée et un étage, est disposé au-dessus des quais, invisibles depuis l’avenue Paul-Vaillant-Couturier. L’ensemble est édifié en calcaire de Comblanchien pour les parties inférieures des façades, en pierre de Chauvigny et en brique de Dizy, sur une ossature en béton armé. La façade principale a peu évolué depuis la construction. Celle-ci, édifiée dans un style Art déco sobre et épuré, est traitée dans une bichromie rouge et blanche, l’utilisation de ciment blanc pour les linteaux des baies venant renforcer les lignes architecturales que soulignent les pierres de taille. L’organisation originelle des locaux, répartissant les espaces entre les zones publiques et celles réservées à l’usage interne de la station, est encore appréhendable en façade : une aile à rez-de-chaussée comportant trois baies sur l’avenue (l’une à l’extrémité gauche a été élargie avant 1963 ; la troisième, qui primitivement donnait accès à cet espace, a été transformée en fenêtre) abrite le service des messageries pour le transport des colis postaux, tandis que le corps de bâtiment principal, qui comprend à l’étage le logement du chef de gare, est dévolu au rez-de-chaussée au service des usagers du chemin de fer. Cette partie dispose d’une large porte protégée d’une marquise et pourvue d’une verrière en fer forgé. Cette dernière a été modifiée après 1963 en partie basse avec l’apparition d’une marquise intermédiaire et la disparition des deux portes d’origine, tandis que l’horloge initiale en partie haute a été remplacée par un dispositif analogue. Ce corps de bâtiment présente ainsi de nombreuses caractéristiques du répertoire Art déco : ordre des lignes, alliance des matériaux, utilisation du fer forgé ou des pavés de verre sur la marquise, bandeau décoratif de brique en partie supérieure, silhouette presque égyptisante… Sur un montant à droite de l’entrée, Louis Brachet a en outre fait apposer sa signature dans la pierre, où comme une revendication de modernité apparaît son appartenance à la « Société des Architectes Modernes » de Frantz Jourdain, Hector Guimard et Henri Sauvage : « Brachet / Architecte / DPLAD [Diplômé Par Les Arts Décoratifs, ?] / SAM [Société des Architectes Modernes] ». L’intérieur du bâtiment, s’il comporte encore d’importantes structures d’origine, a quant à lui été plus largement modifié. Le plan initial présentait un large hall, pourvu entre les deux portes d’entrée d’un espace de vente des journaux, et ouvrant sur le côté opposé à l’entrée sur deux volées d’escalier descendant aux quais et éclairées par un plafond à pavés de verre. Les deux autres extrémités de ce vestibule étaient occupées à l’ouest par un local pourvu de guichets, servant également à l’enregistrement des bagages, et à l’est par le service des recettes et l’escalier menant au logement de fonction du chef de gare. Un plafond à caissons stuqué, encore visible aujourd’hui, des verrières à compartiments géométriques et des piliers de section carrée désormais plaqués de carreaux de céramique, participaient alors à magnifier cet espace d’accueil. Sur les quais, où deux monte-charges permettaient de mener les bagages, des toilettes et un abri étaient disposés de chaque côté.