Commentaire descriptif de l'édifice
Le centre nautique d’Aubervilliers est inscrit en plein cœur de la commune et forme avec le stade municipal voisin un complexe sportif central devenu symbole d’une vision sociale progressiste de la ville. Le terrain choisi pour implanter l’édifice a été acheté entre 1960 et 1961. Il jouxte plusieurs constructions majeures réalisées par les membres de l’AUA à Aubervilliers : l’ensemble d’habitation Cité République (Jacques Kalisz et Jean Perrottet) situé à l’est de l’actuelle rue André Karman, le théâtre de la Commune et la bibliothèque municipale (Valentin Fabre et Jean Perrottet) au nord de la rue Édouard Poisson. Cet équipement familial comprend la réalisation de trois bassins à usage différent exécutés en tôle d’acier de 5 mm d’épaisseur : un bassin de compétition (25 m x 15 m x 2 m), un bassin d’apprentissage (25 m x 10 m) et un bassin à fond mobile destiné à la plongée et aux plongeons (12 m x 12 m x 8 m). Afin d’affirmer cette différentiation, les architectes ont choisi d’abriter chacun de ces bassins dans un volume autonome ouvert sur le solarium. Ces trois volumes de hauteur différente, auxquels il faut ajouter le pavillon du gardien jouxtant la fosse de plongée, s’articulent autour d’un espace central déployés sur trois niveaux et rassemblant les services communs. Au niveau inférieur sont regroupés les locaux techniques (chauffage, traitement de l’eau), tandis que le niveau intermédiaire inclut cabines (72 hommes et 72 femmes), vestiaires (au nombre de 800) et sanitaires. Le niveau supérieur en surplomb des bassins sert quant à lui d’accès à l’édifice grâce à une passerelle et distribue, autour d’un patio ouvert, le hall d’entrée, les guichets, le bar-restaurant, la cuisine et les services administratifs. La singularité du bâtiment réside cependant dans sa couverture assurée par une structure métallique légère dont le système constructif combinatoire est composé de profilés d’acier normalisés. Ce système repose sur une trame carrée de 5 m x 5 m qui allie une structure primaire, dont la disposition en oblique permet d’assurer le franchissement des bassins, et une structure secondaire disposée parallèlement aux bassins pour supporter la toiture, les plafonds suspendus en bois et les vitrages formant parois. Remaniée lors de la rénovation de l’édifice, la polychromie ludique imaginée par l’artiste Max Soumagnac présente un caractère didactique et des tonalités modernistes qui soulignent la fonction spécialisée des piscines : le jaune pour le bassin école, le rouge pour le bassin de plongée, le bleu vert pour le bassin de compétition et le bleu foncé pour le pavillon central. En matière d’architecture intérieure, l’intervention d’Annie Tribel alliant l’emploi de la courbe au plastique et au contreplaqué en bouleau n’est pas sans évoquer son travail remarqué pour le Théâtre de la ville de Paris.