Description historique
Le siège de l’UNESCO à Paris compte actuellement six bâtiments sur deux sites, correspondant à des phases de travaux successives : bâtiment I (Secrétariat), II (conférences), III (délégués permanents), IV (bureaux en sous-sol), V et VI (bureaux). Cet enchaînement d’opérations reflète le succès et la rapide expansion de cette organisation internationale, créée le 16 novembre 1945 à la suite des dégâts et massacres de la Seconde Guerre mondiale. L’UNESCO a en effet pour mission de « contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, afin d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’Homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion, que la Charte des Nations unies reconnaît à tous les peuples » (Acte constitutif, 16 novembre 1945). En 2011, l’organisation internationale compte 195 états membres et huit membres associés. En 1946, la Commission préparatoire pour l’UNESCO quitte Londres pour s’installer avenue Kléber dans le XVIe arrondissement de Paris, au sein de l’ancien hôtel Majestic. En 1952, un projet de siège est imaginé sur un terrain situé en bordure du bois de Boulogne entre les portes Dauphine et Maillot. Le site est finalement affecté au siège de l’OTAN, le gouvernement français mettant à disposition de l’UNESCO un terrain de trois hectares place de Fontenoy dans le VIIe arrondissement, derrière l’École militaire. La proximité de cet édifice protégé au titre des Monuments historiques soulève, lors de l’élaboration du projet du palais de l’UNESCO, de nombreuses difficultés administratives : limitation de hauteur, oppositions violentes contre le parti architectural du bâtiment principal, notamment. Le siège de l’UNESCO est élaboré par une équipe internationale comptant parmi les plus célèbres représentants du Mouvement moderne. Les plans sont confiés à trois architectes : l’américain Marcel Breuer, l’italien Pier-Luigi Nervi et le français Bernard Zehrfuss, avec la collaboration de l’ingénieur américain Eugene Callison. Ces maîtres d’œuvre sont placés sous la direction d’un comité consultatif composé de cinq architectes et urbanistes de renom : le brésilien Lucio Costa, le germano-américain Walter Gropius, le français Le Corbusier, le suédois Sven Markelius et l’italien Ernesto Rogers. À noter que l’architecte finlandais Eero Saarinen a également été consulté. Le projet de trois bâtiments – aujourd’hui bâtiments I, II et III – formant, place de Fontenoy, le nouveau siège de l’UNESCO, est adopté en avril 1953. Son style s’apparente au brutalisme, issu du Mouvement moderne. Le chantier démarre le 10 avril 1955 et s’achève en 1958, l’édifice étant inauguré le 3 novembre par le président René Cotty, en présence de diplomates et de représentants des pays membres. Au moment de sa fondation, le comité de l’UNESCO compte trente-sept états. Dans les années 1960, avec les décolonisations, ce chiffre est largement triplé, ce qui rend nécessaire l’extension du siège, et ce, dès sa livraison. Après un projet refusé de bâtiment en hauteur, Bernard Zehrfuss édifie en 1962-1965 à l’ouest du site un ensemble souterrain – aujourd’hui bâtiment IV – dont l’aménagement paysager est réalisé par l’architecte brésilien Roberto Burle Marx. Puis, manquant d’espace, l’organisation internationale demande à l’Etat français de lui proposer un terrain à proximité immédiate du siège. Deux bâtiments annexes sont alors édifiés par Bernard Zehrfuss à 300 m. de la Maison de l’UNESCO, dans le XVe arrondissement, sur l’îlot formé par les rues Miollis, François-Bonvin, Lecourbe, Jean-Daudin et le boulevard Garibaldi. Cet ensemble, nommé site Miollis-Bonvin, comprend : le bâtiment V, inauguré par le président Georges Pompidou le 19 mars 1970, et le bâtiment VI, achevé le 3 novembre 1977. Les deux sites de l’UNESCO comptent 700 œuvres d’art, dont certaines ont été réalisées in situ et ont donné lieu à des aménagements emblématiques. Dans les années 1950, lors de la construction des premiers bâtiments, un « comité pour l’architecture et les œuvres d’art » est créé afin de permettre la réalisation et l’acquisition d’œuvres monumentales. Ainsi, endécembre 1957 le Japon fait don à l’organisation internationale d’une Fontaine de la paix qui prend place au sein d’un jardin japonais, l’ensemble ayant été réalisé par Isamu Noguchi. La même année Joan Miró réalise deux murs de céramique, le premier étant dit du Soleil et le second de la Lune. En 1958, l’UNESCO demande à Pablo Picasso de concevoir une œuvre murale monumentale. L’artiste espagnol réalise une peinture de 90 m2 sur quarante panneaux qui est nommée La Chute d’Icare. Toujours en 1958, l’organisation fait l’acquisition d’une sculpture mobile d’Alexandre Calder nommée Spirale, ainsi que d’une sculpture en travertin d’Henry Moore intitulée Silhouette au repos. En 1995, à l’occasion du cinquantenaire de l’acte constitutif de l’UNESCO, l’architecte japonais Tadao Ando réalise, grâce au soutien de mécènes japonais, un ensemble architectural nommé Espace de médiation. La même année, le gouvernement danois fait don à l’organisation internationale d’une sculpture d’Erik Reitzel. Nommée Globe symbolique, elle prend la forme d’une structure sphérique de plus de 12 m. de hauteur. En 1996, l’artiste israélien Dani Karavan réalise, sur le côté sud du site Fontenoy, le Square de la Tolérance, entre les bâtiments I et III.