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Cours européenne des droits de l’homme

Désignation

Dénomination de l'édifice

Architecture civile publique ; édifice de l'administration ou de la vie publique ; siège d'association ou d'organisation ; siège d'organisation internationale

Titre courant

Cours européenne des droits de l’homme

Localisation

Localisation

Grand Est ; Bas-Rhin (67) ; Strasbourg ; allée des Droits-de-l’homme

Adresse de l'édifice

Droits-de-l’homme (allée des)

Historique

Siècle de la campagne principale de construction

20e siècle

Siècle de campagne secondaire de consctruction

20e siècle

Année(s) de(s) campagne(s) de construction

1989 ; 1995

Description historique

La Déclaration universelle des droits de l’Homme, adoptée par l’ONU le 10 décembre 1948, vise à promouvoir la reconnaissance universelle des droits qui y sont énoncés, afin de renforcer la protection des droits de l’homme au niveau international. Reconnue par le Conseil de l’Europe créé à Londres le 5 mai 1949, la Déclaration inspire l’élaboration de la Convention européenne des droits de l’Homme établie à Rome le 4 novembre 1950. Les gouvernements signataires s’engagent à garantir l’accès aux droits fondamentaux, civils et politiques, non seulement à leurs ressortissants mais encore pour toutes les personnes relevant de leur juridiction. Créée en 1959, la Cour européenne des droits de l’Homme est l’organe judiciaire du Conseil de l’Europe. Elle est désignée pour veiller au respect des droits de l’Homme dans l’Union européenne, rassemblant 800 millions d’européens dans les 47 États membres : c’est le juge européen des droits de l’Homme, de l’Islande à la Turquie, du Portugal à la Russie. Tout état signataire de la Convention et, depuis 1998, toute personne résidente (particulier, association…) s’estimant victime d’une violation de la Convention et ayant épuisé les voies de recours devant les juridictions de son pays, peuvent saisir la Cour. Les états signataires sont ensuite tenus de respecter ses décisions. Les décisions de la Cour sont obligatoires et les états concernés sont régulièrement conduits à modifier leur législation ou leur pratique administrative pour se conformer aux textes conventionnels. La Cour européenne des droits de l’Homme est à l’origine accueillie dans le bâtiment construit à Strasbourg par Bertrand Monnet, Jean-Pierre Apprill et Françoise Papillard en 1965. À l’origine, le coût du bâtiment est estimé à 240 millions de francs pour les pays membres (au nombre de 25 à cette époque) pour un bâtiment de 20 000 m2. Il est prévu que la première pierre du nouveau bâtiment du Palais des droits de l’Homme soit posée le 5 mai 1989. Mais le projet architectural confié à la Ville de Strasbourg n’est pas retenu. Le concours international, lancé la même année, est remporté par l’architecte anglais Richard Rogers. La première pierre du nouvel édifice est finalement posée le 4 mai 1992 par le président François Mitterrand. Entre ce temps, la constitution du Conseil de l’Europe avait été modifiée par l’ouverture vers les pays de l’est. De vingt-cinq pays membres, l’organisation était passée à trente-quatre, et au printemps 1992, alors que le bâtiment était complètement dessiné, l’organisation demandait à Rogers d’ajouter 3 000 m2 de bureaux supplémentaires, d’agrandir les salles d’audience de la Commission et de la Cour et d’augmenter la capacité des parcs de stationnement. Le coût final de la réalisation est de 455 millions de francs (valeur de décembre 1994). Le bâtiment est inauguré par le président du Conseil de l’Europe, Vaclav Havel, le 29 juin 1995. Il réunit aujourd’hui autour de locaux communs les deux institutions judiciaires européennes : la Cour et la Commission européenne des Droits de l’Homme.

Description

Commentaire descriptif de l'édifice

Le bâtiment occupe un terrain qui s’étend sur deux hectares mis à disposition par la Ville de Strasbourg. Le bâtiment est situé sur un terrain exceptionnel en bordure de l’Ill. Son architecture contraste fortement avec celle de l’immeuble voisin du Parlement européen, du fait de ses lignes très arrondies qui suivent le cours de l’Ill comme un gigantesque paquebot et du grand étagement en retrait du bâtiment principal. Le bâtiment compte quelques 28 000 m2 de surface utile, dont 860 m2 pour la salle d’audience de la Cour, 520 m2 pour celle de la Commission, 4 500 m2 de diverses salles de réunion et 16 500 m2 de bureaux. Le caractère remarquable de l’édifice repose en partie sur l’expression forte de l’ensemble. Il est marqué par la valorisation de l’accessibilité du bâtiment symbolisée par la création d’un grand hall transparent. Selon l’architecte, les deux cylindres de part et d’autre de l’entrée représentent la balance de la justice. Selon ses termes, l’architecte a souhaité « réaliser un bâtiment aux lignes résolument contemporaines et symboliques qui associent le droit au principe de transparence ». Les barres et les cylindres de l’édifice sont en opposition. Renouant de façon inattendue avec les origines de l’architecture moderne, en particulier du classicisme, tant dans ses expressions que sa dimension, le Palais des droits de l’Homme interprète l’horizontalité par des formes délibérément filantes. Le bâtiment se présente en trois parties distinctes : d’abord la tête avec ses deux tambours en acier inoxydable posés sur une base en béton clair ; puis les chambres, partie centrale de l’édifice qui contient les distributions, les bureaux et chambres des juges au rez-de-chaussée ; enfin les ailes de bureaux, séparées par un jardin intérieur agrémenté d’une cascade. Le rez-de-chaussée abrite les archives et des locaux techniques. Les éléments végétaux ornent les façades de l’édifice tout en favorisant son isolation. À l’intérieur, un escalier en colimaçon, dont les charpentes sont rouge et bleu, trône au milieu de l’édifice. La grande salle d’audience se compose de 243 places, 49 places pour les juges et 22 places pour les requérants. La petite salle d’audience peut accueillir 101 personnes dans l’assemblée, 25 places pour les juges et 12 places pour les requérants. Un jeu de couleurs anime les différents étages accueillant les bureaux à l’arrière du bâtiment. Chaque étage est associé à une couleur, afin de faciliter l’orientation des employés. Ces espaces ne sont pas accessibles pour le public. Seuls les principaux espaces publics sont climatisés, alors que le reste de la structure profite d’une ventilation naturelle très étudiée. Pour les architectes, comme pour le Conseil de l’Europe, ce bâtiment devait être accueillant tout en manifestant la dignité requise par sa fonction. Rogers et d’autres avec lui ont insisté par ailleurs pour que la protection du site et l’utilisation des systèmes les moins nocifs pour l’environnement fassent également partie des priorités absolues.

Protection et label

Date de label

2015

Statut juridique

Statut juridique du propriétaire

Public

Références documentaires

Date de l'enquête ou du dernier récolement

2020

Noms des rédacteurs de la notice et du dossier

Eberhardt S.

Typologie du dossier

Dossier individuel

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