Commentaire descriptif de l'édifice
La Galerie du Grand Passage est la première galerie commerçante de Tours. À deux pas de la
gare, elle relie le Boulevard Heurteloup à la rue de Bordeaux. C’est un lieu dédié
principalement à la bourgeoisie fervente de lieux de consommation d’une nouvelle génération, qui
accueille ses visiteurs dans un cadre chaleureux et lumineux.
La Galerie se greffe à des immeubles existants sur les deux rues. C’est une accumulation de
formes et de volumes qui vient créer un ensemble harmonieux. Les entrées du passage sont très
discrètes. Aucune des deux n’est mise en valeur. Les architectes veillent à garder la
lisibilité des façades sur rues. L’entrée du passage est signalée, côté boulevard Heurteloup, par
une enseigne en drapeau dotée d’un néon et côté rue de Bordeaux par une enseigne en
applique, toutes deux reprennent le motif de la vague que l'on retrouve sur la mosaïque du sol
avec l’inscription « Grand Passage ».
Les architectes Marconnet et Leseurre imaginent trois allées ondulantes. Deux extrémités relient
les rues, la dernière fait la connexion avec le magasin Printemps. La galerie est conçue comme
une rue intérieure. Les boutiques se succèdent de part et d’autre à l’image de façades à un
étage. Elles sont largement vitrées, un bandeau filant permet l’apposition de l’enseigne et la
délimitation du rez-de-chaussée et du premier étage. Cette composition des vitrines permet la
création d’un espace homogène, spacieux et lumineux. Les courbes permettent
l’animation du lieu, les visiteurs déambulent dans des plis. C’est une nouvelle écriture du
passage, qui, traditionnellement, est composée de deux façades linéaires qui se font face. Le sol
est recouvert de mosaïques blanches et bleues inspiré des motifs des trottoirs de la baie de Rio
de Janeiro. C’est une invitation au voyage, une citation de l’influence des Amériques.
Une dalle de béton fait office de toiture. Elle est en surélévation des boutiques latérales et ancrée
dans l’îlot central formant comme le manche d’un parapluie. Ce dispositif permet un apport de
lumière naturelle important amplifié par trois percements de formes ondulées. La sous-face de la
toiture, peinte en blanc réfléchit la lumière plongeant ainsi la galerie dans une lumière diffuse.
Au sein de la galerie, les passants peuvent trouver une vingtaine de boutiques à étage. Les
commerces, tous de tailles différentes, disposent d’une mezzanine servant de réserve, de bureau
ou d’espace commercial supplémentaire. La Galerie du Grand passage n’a pas été uniquement
imaginée comme un lieu de consommation, elle propose divers services peu présents dans ce
type de structure. Aux entrées, des garages à vélos sont créés. Dans le manche du parapluie est
présent une banque d’accueil afin de renseigner les usagers, des sanitaires, un téléphone et une
conciergerie.
Deux étages de logements sont créés pour les commerçants au-dessus du noyau central. C’est
le seul volume qui émerge de la grande dalle de béton. L’accès se fait par une porte grise entre
deux boutiques.
Au sous-sol, on trouve un système de chauffage centralisé. Il chauffe et alimente en eau chaude
les commerces et les logements.
La vidéo sur La construction du Grand Passage à Tours permet d’imaginer l’ampleur du chantier.
Les accès ne sont pas aisés et le raccordement du nouvel édifice avec les anciens est délicat. Le
renforcement de ces derniers est réalisé avec des poutres métalliques (annexe 10) alors que la
structure nouvelle est conçue en béton armée permettant la création des lignes courbes inspirées
de l’architecture brésilienne.
La Galerie du Grand Passage est le résultat d’un travail minutieux inspiré d’ailleurs. Les lignes
courbes sont mises en évidence par une peinture jaune. Les tranches des dalles sont, quant à
elles, peintes en rouge afin de souligner l’horizontalité, la fluidité : la ligne s’évade dans les
dédales de la galerie. Le travail de la couleur reste semblable à celui de Le Corbusier et d’Oscar
Niemeyer. Il est là pour renforcer la structure de l’architecture et non pour la décorer. La couleur
donne tout son sens à cet espace.
Ce lieu, destiné aux commerces, est également un lieu de rencontres, de bien-être. Le Grand
Passage est le levier d’une dynamique faisant de cet espace un lieu unique. En plus du syndicat,
créé pour la gestion du bien, un groupement est mis en place pour l’animation de la galerie.
Le Grand Passage est un immeuble qui a une âme, un caractère. L’architecture accompagne la
volonté d’un lieu unique.