Description historique
En l'état actuel des connaissances, les mentions les plus anciennes de l'église Saint-Jean-Baptiste remontent au début du 14e siècle. Elle est notamment citée, avec le presbytère ("domo dicta caminada"), comme le premier élément de référence pour la délimitation du territoire de Comiac, dans la charte de coutumes concédée en 1304 par Gilbert de Vayrac (transcription dans Gouzou 1937, 42-47). En 1344, un ancien curé de Comiac dénommé Guillaume de Vayrac, membre du lignage à la tête de la seigneurie et dont sont issus plusieurs des prêtres de la paroisse, teste en faveur de l'église alors qu'il officie à Avignon, au titre de chapelain du pape : il lègue 300 écus d'or aux habitants et 10 florins d'or par an pour la célébration d'une messe annuelle pour lui et sa parenté (Albe 7, Gouzou 1937, 62). Les pouillés du 14e siècle précisent que la cure était à la collation de l'évêque (Albe 7).£D'après Joseph Gouzou, qui a dépouillé les archives paroissiales, l'édifice fut presque entièrement détruit par les protestants, avant d'être "remis en état avec quatre chapelles" au début du 17e siècle (Gouzou 1937, 54 et 64). Il subsiste néanmoins d'importants vestiges médiévaux particulièrement visibles au niveau du chevet et de la chapelle nord.£Les maçonneries les plus anciennes semblent déterminer un plan initial à nef unique ouvrant sur un chevet plat. Le mur-pignon de ce dernier a été détruit en 1897, lors de la construction de l'abside qui est venue agrandir tardivement le choeur initial (A.D. Lot, 2 O 91-2). Ce type de plan, ainsi que les élévations subsistantes du chevet, qui sont couronnées d'une corniche sur modillons au nord, suggèrent une datation de la seconde moitié du 12e siècle ou du début du siècle suivant. Les traces de reprise observées à l'intérieur et les variations de mise en oeuvre des maçonneries permettent d'affirmer que la chapelle nord-est, dédiée à Notre-Dame, fut ajoutée dans un second temps : le type d'appareil, la modénature des arcs et voûtes ainsi que la forme des aménagements internes (armoire liturgique, enfeu ?) sont datables de la première moitié du 14e siècle.£La chapelle a été prolongée vers l'ouest ultérieurement et deux autres ont été construites au sud, probablement au cours d'une même campagne de travaux. Ces trois chapelles présentent en effet des maçonneries et un voûtement homogènes qui conduisent à mettre en évidence une phase majeure de l'évolution du bâti, liée à la mise en place des bas-côtés entre la fin du Moyen Age et le début du 17e siècle (16e siècle ?).£Un acte du 28 novembre 1649 confirme la présence de quatre chapelles au milieu du 17e siècle et fait état d'un projet de restauration de la chapelle Saint-Sevin, simple oratoire bâti dans le prolongement du bas-côté nord et ouvrant sur le cimetière (transcription dans Gouzou 1937, 64-65). Les travaux de remise en état de la chapelle furent pris en charge par Pierre Rodergue, bourgeois du hameau de Roudergues, en échange d'un droit de place et de sépulture pour lui-même et sa postérité. Le bail à prix fait daté de 1654 et la quittance délivrée en 1656 apportent une description précise des travaux réalisés pendant deux ans et suivis de la bénédiction de la chapelle en 1657 (Gouzou 1937, 66).£Le plan cadastral de 1819 révèle l'emprise de l'édifice résultant de ces transformations opérées à la période moderne à partir de la structure médiévale à nef unique et chevet quadrangulaire. Outre des restaurations et remaniements ponctuels, l'édifice a fait l'objet d'importantes campagnes de construction dans le dernier quart du 19e siècle. A cette époque furent réalisés la construction du clocher-porche occidental (1894), la surélévation et le voûtement sur croisées d'ogives de la nef, ainsi que l'agrandissement du choeur sous la forme d'une abside (1897), en remployant probablement les moellons et pierres de taille provenant des maçonneries médiévales. Installés à l'occasion de cette dernière phase de travaux, les vitraux du choeur et des bas-côtés sont signés GP DAGRANT BORDEAUX 1897.