Mosaïque de Neptune

Identification du bien culturel

N°Inventaire

DA.976.4.1

Titre

Mosaïque de Neptune

Période de création

3e quart 2e siècle

Epoque

Gallo-romain

Matériaux - techniques

pierre, verre

Mesures

L. 16,5 m ; l. 11,6 m

Description

Par ses dimensions (200 m²) comme par la variété de son décor géométrique, la mosaïque de Neptune fait partie d'un des plus importants pavements de la série dite à décors multiple . Révélée une première fois par l'opération de sauvetage dirigée par J.L. Odouze en 1973 qui en avait mis au jour près des deux tiers sur un terrain EDF mitoyen de la cour du collège Louis Lumière, elle a été complétée par le diagnostic et la campagne de fouilles préventives suscitées par le projet de rénovation du collège Lumière en 2001 et 2004 (Inrap, dir. C. Munier). Au centre d'un vaste décor de caissons géométriques se trouve un grand médaillon circulaire (emblema) sur lequel est représenté le triomphe de Neptune en quadrige. : L'attelage, formé de quatre chevaux représentés de profil, sanglés et bridés, est tourné à droite, selon une perspective maladroite où chacun paraît juché au-dessus de l'autre. Neptune, tenant les rênes de la main gauche, debout sur le caisson du char vu de profil (dont on voit surtout une des deux grandes roues à huit rayons, l'autre étant à peine esquissée au second plan), est néanmoins représenté de face, dans une posture très raide, tenant le trident à la verticale dans le creux du bras droit. Son visage barbu, aux yeux écarquillés, schématiquement réalisé, est surmonté de ce qui semble être une couronne de feuillage. Le cortège est orienté de façon à être vu à l'endroit depuis le petit côté sud-est, mais il est entouré d'animaux marins tournés dans toutes les directions : poisson, dauphin et kétos au-dessous du char et des chevaux, hippocampe et poisson derrière Neptune, dauphin devant lui, à hauteur de visage ; tous sont réalisés avec la même aisance que les monstres marins des écoinçons, qui contraste avec l'extrême maladresse d'exécution qui caractérise Neptune et son attelage. (Darmon 2007) Selon J.P. Darmon, cette mosaïque, que l'on peut rapprocher de témoignages similaires aussi bien chez les Eduens (mosaïques d'Autun) que chez les Sénons (Sens) et les Lingons (Langres), pourrait être attribuée à un atelier itinérant rayonnant dans le nord-est de la Gaule. Datée de la seconde moitié du IIème siècle, elle ornait une vaste salle de réception (oecus principal), qui par ses dimensions exceptionnelles et la richesse de son décor, exprimait très certainement la puissance du propriétaire de cette domus.

Précisions sujet représenté

Neptune triomphant placé sur un quadrige, entouré de dauphins, animaux marins fantastiques et poissons, les zones sont délimitées par des motifs de tresses, dans les caissons du tapis alternent des animaux, des motifs végétaux et de formes ornementales (tresses), Les caissons alternent un motif circulaire et un motif quadrangulaire, quelques uns sont agrémentés de petits décors figurés : floral, animal (Minotaure, lion, cerf, oiseau), objet (masque, vase), généralement placés au centre du motif ou en écoinçon

Contexte historique

Historique

Voir aussi : DA.2005.8.1

Découverte / collecte

France ; Franche-Comté ; Doubs ; Besançon ; (Collège Lumière, 8/12 rue d'Alsace, rue de Lorraine, avenue Gaulard, lieu de découverte) ; habitat ; fouilles de sauvetage ; (1973 ; 2004, date de découverte) ; (ODOUZE J.-L ; MUNIER CLAUDINE, découvreur)

Précisions découverte

Deux phases de fouilles ont été nécessaires pour dégager l'ensemble de la mosaïque : 1973 : percement de la rue de Lorraine ; 2004 : construction du gymnase du collège Louis-Lumière ; INSEE : 250056

Informations juridiques

Statut juridique

Propriété de la commune, dévolution, Besançon, musée des beaux-arts et d'archéologie

Date acquisition

1976

Informations complémentaires

Commentaires

Mosaïque découverte partiellement (moitié sud) et déposée en 1973 puis dégagée en 2001 et 2004 domus datée de la deuxième moitié du 2e siècle qui ne réutilise pas les fondations de la maison précédente mais qui s'appuie cependant sur un mur parcellaire commun ; axe nord-est/sud-ouest, le long duquel se succèdent, depuis une rue longeant le Doubs, un éventuel grand vestibule (hors de la limite de fouilles) puis un imposant péristyle, distribuant des pièces de réception (oecus) et de séjour, ainsi qu'un jardin d'agrément (viridarium) cette organisation correspond à un schéma commun aux grandes domus du monde romain. l'emprise totale de la domus n'est pas certaine mais l'on peut supposer qu'elle occupait une superficie totale de 6000 m², dont 3000 à 3500 m² de surface bâtie. le grand oecus axial, dans lequel était installée la mosaïque, est situé dans la partie sud de la domus ; il s'agit d'une pièce où s'affirme le pouvoir social du maître des lieux ; cette salle présente des dimensions exceptionnelles, couvrant une surface de près de 200 m² (11.75 ; 17m), sa hauteur est estimée à près de 10 m la salle est ouverte au nord et au sud par une triple ouverture ponctuée de quatre colonnes répondant à celles du péristyle d'un côté et celles du portique sur jardin de l'autre. cf. Christophe Gaston et Claudine Munier, La domus du collège Lumière ou Maison de Neptune, dans cat. expo. De Vesontio à Besançon

Bibliographie

De Vesontio à Besançon, Besançon, 12 mai 2006 - 8 janvier 2007

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