Commentaires
Ce beau tableau, trop ignoré, peut ainsi être placé parmi ces oeuvres 'proto-réalistes' de Gigoux qui dès les années 1830 anticipent sur les développements ultérieurs de la peinture française. L'artiste mêle ici, selon sa conception habituelle, un souci de pittoresque, preuve d'un intérêt romantique pour l'observation de la chose singulière, à une 'brutalité' du rendu qui correspond aux aspirations des réalistes. Dans cet antre villageois enfumé, juste éclairé par la pâle lueur du jour diffusée par une unique fenêtre, apparaît une femme assise à terre, penchée sur un berceau ; bien que placée de dos, on devine que cette jeune mère s'occupe d'un nourrisson. Sur la gauche, entre la croisée ouverte et un poêle installé devant l'âtre d'une cheminée, un jeune homme assis, jambes écartées et coudes sur les genoux, fixe le spectateur [...] Avec délectation Gigoux accumule généreusement les détails accessoires qui désignent évidemment un modeste intérieur paysan [...] On doit reconnaître à notre peintre le talent d'avoir su rendre avec une belle sûreté de touche une scène domestique habilement composée qui sait allier au foisonnement des détails nerveusement brossés, l'audace juvénile d'imposer au premier plan une figure de dos. (in PINETTE Matthieu et SOULIER-FRANCOIS Françoise, Jean Gigoux, 1806-1894 : dessins, peintures, estampes, oeuvres de l'artiste dans les collections des musées de Besançon, Besançon : Musée des beaux-arts et d'archéologie, 1994, p. 74-75)
Exposition
Ce tableau était présenté au Salon de 1880 (n°363).
Bibliographie
ESTIGNARD Alexandre, Jean Gigoux, sa vie, ses oeuvres, ses collections, Besançon, impr. de Delagrange-Louys, 1895, p. 65 ; LAPRET Paul, Musée Jean Gigoux à Besançon, Catalogue des peintures et dessins, Besançon, Impr. Dodivers, 1902, p. 22 ; PINETTE Matthieu, SOULIER-FRANÇOIS Françoise et al., Jean Gigoux. Dessins, Peintures, Estampes, Oeuvres de l'artiste dans les collections des musées de Besançon, Besançon, Ville de Besançon, 1994, p. 74-75