Historique
Cette oeuvre fut placée dans l'église du Carmel du Faubourg Saint Jacques à Paris, dans la nef "à droit par bas au dessus (de la Sacristie) contre le mur (Malingre)...". Inventoriée sans doute en 1790. Elle fut transportée au dépôt des Petits Augustins où le tableau est mentionné sur l'inventaire établi par Lenoir le 11 Vendémiaire An III (n°139) et sur l'état établi en l'an IX (n° 579). Puis au Musée du Louvre, en magasin en 1818. Affecté, sur la demande de Decazes, comme un ouvrage de Le Brun, à l'église Saint Jean-Baptiste de Libourne (Gironde) dans le bas-côté sud. Elle fut classée monument historique le 5 novembre 1912 ou le 24 août 1928. (informations issues de l'ouvrage de M. Bernard Dorival, Philippe de Champaigne, tome II, Paris, 1976, p. 51). En 1969, M. Martrinchard confirme la présence de ce tableau dans l’église Saint Jean de Libourne. En 1973, M. J.F Fournier publie un article intitulé "Quelques mots sur deux tableaux de l'église Saint Jean Baptiste de Libourne"dans la Revue archéologique du Libournais du 1er trimestre 1973 : il parle du tableau La Pentecôte attribué à l'école de Le Brun mais précise que cette oeuvre lui semble plutôt "voir été conçue par un artiste ayant subi l'influence de Philippe de Champaigne". Le 14 juin 1977, un article dans Sud-Ouest de Maitre Bordier demande la restauration du tableau. Monsieur Boulin charge Mme Kerlann avec M. Bordier d'effectuer des recherches sur l'historique de cette oeuvre. Le 24 octobre 1977, M. Jean Valette, conservateur des antiquités et objets d'art de la Gironde, informe M. le Maire que le 23 octobre, il s'est rendu à l'église St Jean et a constaté que le tableau avait été décroché et que des travaux de restauration étaient en cours. Il précise que ce tableau est propriété de l'Etat et qu'il est classé monument historique par arrêté du 5 novembre 1912 et qu'à ce titre tout travail sur ce tableau est à l'initiative et à la responsabilité de la Direction de l'architecture du Ministère de la Culture. Il prie le Maire de prendre les dispositions nécessaires à la sécurité de cette oeuvre. Le 24 janvier 1978, Mlle C. de Maupeou, inspecteur des Monuments historiques, écrit à M. Gérard Ten Kate, restaurateur agréé du musée du Louvre, des musées nationaux et des monuments historiques : elle lui demande d'aller examiner le 6 février 1978 le tableau à l'église St Jean afin d'établir un devis pour son rentoilage et transport à l'atelier des Monuments historiques de Champs sur Marne. Le 25 mars 1978, Gérard Ten Kate vient chercher le tableau à l'église St Jean, et le 9 août 1979, la toile est ramenée à Libourne après restauration. Le 28 février 1980, M. Valette demande au Maire de Libourne que l'encadrement et l'accrochage du tableau soient faits au musée le plus vite possible. Le samedi 29 novembre 1980 a lieu l'inauguration du tableau lors de l'exposition des livres anciens à la Bibliothèque municipale.L'oeuvre de Nicolas de Plattemontagne a sombré dans un oubli relatif après sa mort si bien que, jusqu'à une date récente, il s'est souvent avéré difficile d'identifier ses tableaux et de les différencier de ceux de Jean-Baptiste et Philippe de Champaigne. Outre ces deux peintres, des œuvres de Plattemontagne ont également été attribuées par le passé à des artistes tels que Charles Le Brun, François Verdier, Nicolas Colombel ou encore Noël Coypel. Pourtant, Plattemontagne possède un style personnel reconnaissable et, s'il est effectivement parfois proche de celui de Jean-Baptiste de Champaigne, il n'a que peu à voir avec celui de Philippe de Champaigne, comme le démontrent d'ailleurs les anciennes attributions qu'ont pu connaître ses tableaux, parfois rapprochés de la manière très différente de Charles Le Brun et de son école. S'il possède bien des caractéristiques rappelant tous ces peintres, le style de Plattemontagne est marqué par un classicisme certain, tempéré cependant par une palette sombre qui fait parfois penser à des effets rembranesques. Le corpus de ses œuvres, reconstitué par des historiens de l'art à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, regroupe actuellement dix-sept peintures et environ quatre-vingt dessins. Ceux-ci sont parfois signés « Montagne » et sont reconnaissables par la vigueur du trait et une recherche d'expressivité.