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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineCavaliers près d'une source
Cavaliers près d'une source

Référence de la notice
10410000625
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
24 septembre 2013
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
SOLLY Julie
Crédits photographiques
© Didier Michalet
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
2004.1.8
Domaine
Dénomination
Titre
Cavaliers près d'une source
Précisions sur l'auteur
Corenc, 1871 ; Corenc, 1947
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1913-1923
Historique
'Cavaliers près d'une source' a connu différents états et le nombre de transformations de la toile prouve l'importance de l'oeuvre aux yeux de l'artiste. Le tableau du musée correspond au dernier état du tableau modifié en vu de la création d'une tapisserie. Sur la reproduction du tableau pour le catalogue illustré du salon de la Société Nationale des Beaux-Arts de 1913, on peut distinguer un personnage féminin portant un pichet se tenant entre les deux encolures des chevaux. Le tableau était plus large à droite car le cheval de robe grise était entier et recouvert d'une couverture rayée. Entre ses pattes, on pouvait remarquer des personnages en train de discuter. Lorsqu'en 1923 Flandrin prend cette oeuvre comme modèle pour une ultime tapisserie, il retaille le tableau aux dimensions du métier de haute lisse. La composition a été simplifiée par la suppression des petits personnages sous une bande jaune-orangée symbolisant un champ. A droite la végétation a subi des modifications de même que la pose du garçon accoudé au tronc et la couverture du cavalier en selle. Ces modifications oblitèrent le sens de l'oeuvre puisque les éléments qui permettaient au spectateur de voir la source ont disparu. Le cheval qui semble boire au premier plan n'a pour se désaltérer que de l'herbe contrairement à la première version. La tapisserie a été entièrement tissée de 1924 à 1929 par sa belle-soeur Angèle Flandrin après la faillite de l'atelier de tapisserie que Flandrin avait créé en 1919. L'oeuvre est emblématique des recherches de Flandrin. La thématique des cavaliers est récurrente dans son oeuvre ; le sceau qu'il s'était fabriqué à partir d'un caillou représentait d'ailleurs un cavalier. Passionné par les anciens, il a effectué un voyage en Italie en 1909 où l'art de la fresque l'a séduit et tout spécialement le triomphe de la mort de Buffamalco alors attribué à Orcagna. Le traitement assez décoratif de la crinière du cheval à la robe brune est proche des effets de cette fresque. L'affrontement des deux encolures permet d'animer la composition et de ne pas céder au hiératisme des personnages. Celui-ci est dû aux codes de la fresque ainsi qu'à la représentation d'une antiquité classique idéalisée par Flandrin. L'oeuvre est baignée dans une lumière du sud qui éclate vivement sur la tunique blanche et la jambe du cavalier. Grand paysagiste, l'artiste réalise ici un décor simplifié pour mettre en valeur la scène de repos des cavaliers. Cette oeuvre résume assez bien l'ambition artistique de Flandrin : créer un art qui dépasse les distinctions d'époques et qui évoque la permanence de la beauté de la nature. (Tercinet Marie-Amélie, 'Jules Flandrin' in Une histoire de la peinture à Lyon, Villefranche-sur-Saône, musée Paul-Dini, éd. IAC, 2008.)
Localisation
Villefranche-sur-Saône ; musée Paul Dini